‹ MontaigneChapitre 8 sur 32 · PRÉFACE. XXIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXIX

II ne faut pas confondre scepticisme avec iiidifférence quand il s'aiiit do Monlaiirno. Personne n'est moins indidérent que Montaigne. Il est parfaitement un passionné. Il est un passionné de savoir. Il veut al)Solunient connaître Thomme et tout ce qu'il sent et tout ce <pi'il pense. — Pour n'en rien conclure? — C'est peut-être ce qu'il faudra voir. Mais déjà pousser cette exploration avec une si vive et si pénétrante activité n'est point une œuvre vaine. C'est la passion de se rendre com[)te. On félicite Descartes de son doute provisoire et du dessein qu'il a de faire table rase de toutes les idées et notions traditionnelles qu'il a dans l'esprit, pour n'en recevoir que de contrôlées, vérifiées et établies en toute rigueur par lui-même. Soit. Eli bien, mettez que le doute de Montaigne est aussi un doute provisoire et vous le trouverez très m é thodique, très scientifique, très rationnèt~Ft"très -féeo^nd — 11 y a cette différence que le doute de \ Descartes a été court et celui de Montaig-ne un peu long', à quoi j'ajouterai que, si l'on trouve le doute de Montaigne trop long', on peut trouver celui de Descartes si court qu'il n'est presque qu'un artifice d'exposition. Mais quoi? Est-ce ici a (Taire de cbronométrie, et qu'importe qu'une altitude d'esprit qu'on juge saine en soi et de bon effet possible soit ou plus courte ou plus longue?

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