‹ Montaigne pamphlétaireChapitre 51 sur 108 · Chez Picard, éditeur, rue P.onaparle, 82, Paris · texte numérisé non relu

Chez Picard, éditeur, rue P.onaparle, 82, Paris

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Or, il y a cinquante -cinq ans qu'il est établi par M. Grun^ et par le D^' Payen - que l'auteur des Essais n'a ni « conservé » ni « rédige » ces Avis : il y est totalement étranger. Ce n'est pas à notre Michel de Montaigne, mais à un François de Montaigne, qui, lui, fut réellement son secrétaire, que Catherine dicta les conseils au jeune roi. La documentation de M. l'abbé de La Valette, présentée sur un ton d'autorité, est en retard de plus d'un demi-siècl?.

Il n'apporte d'ailleurs contre mon hypothèse aucun argument nouveau. Son opposition est plutôt affaire de sentiment. Il lui déplaît que Montaigne soit autre qu'il se l'est toujours figuré. Or, il lui est toujours apparu comme un conservateur déterminé et un catholique convaincu. Je ne puis rien contre une conviction qui semble quitter le domaine de la discussion pour passer sur celui de la foi. C'est certes un catholicisme singulièrement élargi, celui qui reconnaît comme un de ses fidèles un philosophe qui ne croyait ni au péché originel, ni à la chute, ni à la grâce, ni au repentir et à la pénitence, ni à l'immortalité de l'âme, et qui justifie le suicide. M. de La Valette parle des derniers moments et de la mort édifiante et chrétienne de Montaigne comme s'il en existait un récit authentique, comme s'ils avaient été racontés par un témoin oculaire. Etienne Pasquier, dans sa lettre à Pelgé ^, est le seul contem-

1. La vie publique de Montaigne, par Alphonse Grun, 1 vol. iii-S», 1855, chez Amyot. Paris, pp. 183-198.

2. D"' J.-F. Payen, Recherches sur Montaigne. Documents inédits, n" 4, pp. 7-10. Paris, chez Techener, 1850.

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