Etienne Pasouier, Lettres, livre XVIII, lettre I
MONTAIGM': Kl' lA'. « CONTKLX » I07
porain qui, avec Pierre de Brach ^, autre ami plus intime, ait fait allusion à ces derniers moments. Or, ni Pasquier qui nous le montre mourant très chrétiennement, entouré de sa famille, ni de Brach, qui, dans sa lettre à Juste Lipse, ne dit pas un mot de sa fin chrétienne et rapporte qu'en ses dernières paroles « il disait avoir regret de n'avoir personne auprès de lui à qui il pût déployer les dernières conceptions de son âme», n'y assistaient; l'un et l'autre parlaient par ouï-dire. D'autre part, il existe une lettre autographe de de Brach annonçant en 1592 à Bacon ^ que leur ami Montaigne vient de mourir « en philosophe ». Quelle conséquence peut-on d'ailleurs tirer, au point de vue de ses croyances vraies, de l'attitude religieuse d'un homme qui professe que « le sage doit, au dedans, retirer son âme de la presse et la tenir en liberté et puissance de juger librement des choses », mais qu'« au dehors il doit suivre entièrement les façons et formes reçues » 3-.>
La seule idée neuve qu'ait émise^M. de La Valette Monbrun, c'est que le manuscrit du Contran a été remis aux réformés non par Montaigne lui-même, mais par son frère de Beauregard. Qu'est-ce à dire? Aurait-ce été de l'aveu de Montaigne? Alors c'est ma thèse. Sans l'aveu de Montaigne? Son frère M. de Beauriegard lui aurait donc dérobé le manuscrit? Quelque opinion que l'on ait sur le fanatisme hugue-