Ibid., t. I, p
M0\TA1GXE ET LE « CONTR'uIS » l8l
dont ses prédécesseurs s'abstenaient dès qu'ils avaient reçu l'onction sainte ^. « Il est le seul roi, à cette date, qui ait fait exception à cette dernière règle.
Il est donc impossible de s'expliquer que M. Dezeimeris ait cru pouvoir appliquer à Charles VI le passage où le tyran est représenté comme »' étant à grand peine accoustumc au sable de=? tournois ».
Le seul tournoi dont mon critique ait fait mention est celui de Saint-Pol, en 1389. Il y eut dans la seule année de 1389 deux grands tournois. Celui de Saint- Denis, tenu à l'occasion de la chevalerie des deux fils du roi, fut l'un des plus beaux du Moyen-Age; Henri Martin dit même « le plus magnifique tournoi qu'il y ait jamais eu»-. «Les fêtes de Saint-Denis, dit Michelet, d'après les Chroniques, eurent lieu avec une magnificence extraordinaire et un concours de monde incroyable, toute la noblesse de F*rance, d'Allemagne était invitée ^. » Le roi y figure brillamment et remporte le prix.
Pourquoi M. Dezeimeris passe-t-il sous silence ce tournoi, plus célèbre que celui de Saint-Pol? C'est qu'il en ignore jusqu'à l'existence. Ce tournoi, cependant, est non seulement mentionné, mais décrit avec un soin particulier par les historiens de l'époque et par les historiens modernes. Je crains que, parmi les chroniqueurs, M. Dezeimeris n'ait lu que Froissart, lequel ne parle pas de cette fête militaire. Lire Froissart, tout en jetant un coup d'œil distrait sur une page de Juvénal des Ursins, c'est insuffisant, quand