‹ Montaigne pamphlétaireChapitre 67 sur 108 · Chronique du religieux de Saint-Denis, t. I, p · texte numérisé non relu

Chronique du religieux de Saint-Denis, t. I, p

l8o MONTAIGNE ET LE « CO.NTu'uN »

c) Pouvait-on dire que Charles VI était « non pas accoustumé à la poudre des batailles, mais encore à grand peine au sable des tournois »?

Il semble qu'il ait fallu à M. Dezeimei'is, pour le soutenir, oublier son histoire, et tenir pour non avenus les faits les plus avéré*. Examinons d'abord ce qui concerne les tournois; c'est sur ce point qu'il s'étend le plus. Sous aucun règne, il n'y a eu autant de tournois que sous celui de Charles VI; les Chroniques sont remplies de leurs descriptions. Aucun roi de France — Henri II excepté — n'a autant aimé les joutes et les passes d'armes que Charles VI, et n'y a plus souvent pris une part personnelle et active. Si active, si passionnée, qu'on le lui reprochait souvent. Dès 1385, il se fit admirer par sa force et son adresse en descendant dans la lice, et en fournissant neuf courses contre Collard d'Espinoy, chevaher du Hainaut^. Bien qu'il n'eût encore que dix-sept ans, « les plus sages trouvèrent à redire à la part qu'il prit au tournoi de cette année comme une chose peu convenable pour la dignité royale et contraire aux usages des anciens rois; ils étaient charmés néanmoins que, dans ce premier essai des forces de sa jeunesse, le roi eût obtenu un si glorieux succès, et qu'il se fût attiré par là l'affection et l'estime des étrangers ^. » Les mêmes remontrances, naturellement, lui furent adressées quand il fut un peu plus âgé. « Le roi Charles VI se mêlait trop souvent aux tournois et autres jeux militaires

1. Chronique du religieux de Saint Denis, t. I, p. 353. Tournoi de Cambrai.

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