‹ Montaigne pamphlétaireChapitre 70 sur 108 · Mémoires de d'Aubigné, édition Lalanne, 1854, p · texte numérisé non relu

Mémoires de d'Aubigné, édition Lalanne, 1854, p

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tels que « la chasse, le manège, les joutes, les tournois et autres choses semblables, étant, en cela, l'opposé de son père et des prkices ses frères » ^. Il y avait • donc des tournois au temps de Charles IX et de son frère Henri. Henri III a pu très naturellement être visé par l'auteur du Contr'un comme ne prenant pas part à ces tournois, ou comme n'y brillant pas, puisque le même reproche lui était fait par son entourage au moment de la publication du Contr'un '^. L'anachronisme dénoncé par M. Dezeimeris d'une manière un peu tranchante n'existe pas. Son argument tombe, et, du même coup, < la conjecture paradoxale » change dje bord.

En somme, l'opinion de mon contradicteur sur la question des tournois se résume ainsi : L'auteur du Contr'un ayant fait allusion à un tyran qui n'aime pas les tournois, M. Dezeimeris refuse d'appUquer cette allusion à Henri III auquel son peuple reprochait effectivement, à la même date, son éloignement pour ces fêtes militaires, mais il s'empresse de l'appliquer à Charles VI, à qui son peuple reproche de trop les aimer !

En voilà sans doute trop long sur le dernier terme de notre question c : les tournois; je serai plus bref

1. Relations des Ambassadeurs véniliens, traduct. Tommaseo. Imprimerie royale, 1838, t. II, p. 237.

2. Je n'oublie pas que si le texte entier du Conlr'iin a paru en 1577, le portrait qui contient le passage relatif au tournoi avait déjà paru en 1574 dans le Réveille- Malin (texte français), le seul dont nous ayons à tenir compte; mais il est évident que l'ambassadeur vénitien, écrivant en 1575 sur Henri III et faisant allusion aux traits de sa vie et aux habitudes caractérisant sa personnalité, ne veut pas parler des tournois de 1575, mais de ceux des années précédentes.

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sur le premier : la poudre des batailles... La méthode de M. Dezeimeris est ici la même. Il ne tient aucun compte des documents histofiques, il passe simplement sous silence les récits des chroniqueurs du temps et de tous nos historiens qui, unanimes à vanter l'impétuosité, la fougue du jeune roi, le représentent comme aimant à l'excès les armes et la guerre.

Charles, dit la Chronique du religieux de Saint- Denis 1, est « passionné pour la guerre, bon cavalier et témoignant une impatiente ardeur toutes les fois que les ennemis le provoquent». Froissart et Juvénal des Ursins le montrent toujours prêt à monter à cheval, impatient de signaler sa vaillance et de commander son armée. En 1382, à douze ans. il assiste à la première guerre de Flandre ; à la reprise de cette guerre, en 1385, il prend la tête de l'armée et fait le siège de Dam. En 1386, il manifeste ses premières velléités de gouverner par lui-même; il décide, malgré ses oncles, l'expédition contre l'Angleterre; il construit une flotte immense, s'embarque, obhgeant ses oncles à le suivre, et n'est arrêté que par une tempête extraordinaire qui détruit la flotte. En 1392, pour venger l'assassinat de Glisson, il déclare la guerre au duc de Bretagne malgré la vive opposition de ses oncles; il met sur pied une armée, une crise de folie coupe court à son élan. Tel est l'homme que l'auteur du Contr'un, à en croire M. Dezeimeris, aurait choisi comme le type d'un tyran, lâche, efïéminé, sans inclination pour l'action militaire ! L'auteur du portrait se serait proposé de flétrir un pauvre

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