‹ Montaigne pamphlétaireChapitre 80 sur 108 · Page 292 du jnvsont vohmic · texte numérisé non relu

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3iG mo>taic;ne et le « contr'u'v »

a tant d'impudence ^. » Aucun doute ne peut subsister : il y a dans le Discours de la Servitude volontaire des allusions, des applications directes, non seulement à la monarchie française, mais au tyran contemporain de l'auteur qui a composé les passages qu'on vient de lire. Pour que ces allusions ne fussent pas des interpolations et des altérations, il faudrait qu'elles aient été faites par La Boétie et qu'elles aient visé, soit François V^ si le Discours a été composé en 1546 ou 1547, soit Henri II s'il a été composé en 1548. Mais les traits de la peinture du tyran et la mention des faits de son règne, dans le Contr'un, excluent, sans conteste, aussi bien pour M. Villey que pour moi, toute possibilité d'application à l'un de ces deux rois. L'auteur de la publication parle donc des faits qu'il a sous les yeux; le tyran visé est donc celui qui occupe le trône dans les années qui correspondent à la publication successive du Discours dans le Réveille- Malin partiellement, et dans les Mémoires de l'Etat de France intégralement; le texte de La Boétie a été altéré, et les altérations sont profondes puisqu'elles font dire à l'auteur ce qu'il n'a jamais pu dire, et transforment une innocente amplification d'écolier en un dangereux pamphlet contre le pouvoir régnant.

L'auteur enfin de ces altérations, M. Villey dira avec moi que c'est Montaigne, s'il veut rester conséquent avec ses prémisses.

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