‹ Montaigne pamphlétaireChapitre 81 sur 108 · POST-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM

M. Villey remarque que, dans le Conlrun, les emprunts à Plutarque ne sont pas présentés sous formes de citations textuelles, alors que Montaigne cite textuellement; il remarque aussi que Montaigne, dans les Essais, conserve aux noms propres anciens leur forme latine : Pyrrhus, Tacitus, Darius, alors que l'auteur du Conlrun écrit : Pyrrhe, Tacite, Dare; il conclut que c'est la main de La Boétie qu'il faut voir ici, non celle de Montaigne. Sur le premier point, je réponds à M. Villey que s'il avait voulu dire que Montaigne cite toujours textuellement les emprunts qu'il fait à Plutarque, il aurait fait erreur, car, souvent, très souvent, il les résume et les condense. Il a donc simplement voulu dire qu'il lui arrive plus souvent de les citer textuellement que de les résumer. Mais de cela, il ne peut tirer aucun argument contre les apports de Montaigne dans le texte du Discours.

Sur le second point, je rappelle que je n'ai pas attribué le texte entier du Contran à Montaig'ne; qu'une part en revient à son ami; que les passages où M. Villey rencontre les noms propres latins avec la forme française peuvent donc être de la main de La Boétie, dont on retrouve ici la manière habituelle, mais qu'ils peuvent tout aussi bien être de la main de Montaigne, car voulant faire attribuer le texte tout entier à La Boétie et ne voulant pas que son intervention personnelle fût reconnue avec évidence.

aiS MONTAIGNE ET LE « CONTR'lN »

il était naturel que Montaigne donnât à ces noms les formes que La Boétie emploie dans ses œuvres. J'ajoute enfin que M. Villey, qui avait d'abord cru incertaine la date de publication de la première édition des Mémoires de iEtal de France sous Charles IX, où fut publié poiu" la première fois le texte intégral du Discours de la Servitude ^, s'est aperçu de son erreur et de celle plus complète encore de M. Bonnefon, et reconnaît que l'édition de 1576 est bien la première. Il dit, en effet, en mai 1908 - et dans les mêmes termes, ce que je disais en 1907, répondant à M. Bonnefon^ : « On a supposé à tort, sur la foi de l'Estoile, que cette première édition avait paru en octobre 1574, mais les indications chronologiques de l'Estoile sont parfois erronées, aucune trace ne semble subsister d'une édition de 1574; enfin, j'ai actuellement entre les mains deux éditions, l'une de 1576, l'autre de 1578, l'édition de 1578 porte au titre la mention : « deuxième édition ». Nous devons donc conclure que la première édition est celle de 1576.»

1. Revue d'Hisîoirc HUéraire de la France, n" de décembre 190G, paru en février 1907, p. 728.

2. Pierre Villey, Les sources et rivolulion des -■■ Essais » de Monlaignc. Chez Hachette, 1908, t. I, p. 346.

3. Revue poUliquc cl parlemenlairc, n° d'avril 1907, et La Boélie, Montaigne et le Conîr'un, brochure in-8°, chez Davy, à Paris, rue Madame, 52, p. 15; enfin, ici même, pp. 110-111.

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