‹ MontaigneChapitre 36 sur 78 · I. Plénier · texte numérisé non relu

I. Plénier

lesquels, sans son su, et toutefois à sa vue, on a mis en lumière, incorrîgés et informes. >

Après Ferrare, Bologne, où Ton aborde par des chemins fangeux, à travers les terrains gras de la Lombardie. De là Montaigne eût voulu se rendre à Rome par Imola, la Marche d'Ancone et Lorette, mais il paraît que le pays n*était pas sûr et qu*on y commettait des vols fréquents. Il préféra donc prendre par Florence, et il y arrivait peu après, non sans avoir visité au préalable la somptueuse villa de Pratolino que le grand-duc venait de faire construire, A Florence, Montaigne observe, comme il l'a fait ailleurs, les mêmes détails de l'existence; il les compare à ce qu'il a déjà appris, et le résultat de ce parallèle n'est pas toujours à l'avantage des Italiens. Il découvre ainsi que les logis sont moins commodes qu'en France ou en Allemagne, que les aliments ne sont ni si variés ni si bien apprêtés qu'en Allemagne. L'art le touche peu; il le charme sans le ravir. C'est à peine si Montaigne mentionne Michel -Ange et déclare c excellents > les chefsd'œuvre qui s'offrent à ses regards. Il voit le Dôme sans s'extasier. Les mièvreries des jardins italiens lui plaisent davantage. «Je ne sais pourquoi, déclaret-il, cette ville est surnommée belle par privilège; elle l'est, mais sans aucune excellence sur Bologne, et peu sur Ferrare, et sans comparaison au-dessous de Venise. » Le panorama de la cité est cependant beau à contempler du haut du Dôme, c II fait, à la vérité, beau découvrir de ce clocher l'infinie multitude de maisons qui remplissent les collines tout

autour, à bien deux ou trois lieues à la ronde, et cette plaine où elle est assise, qui semble en longueur avoir l'étendue de deux lieues, car il semble qu'elles se touchent tant elles sont dru semées. >

On était alors à la fin de novembre, et Montaigne avait hâte d'atteindre Rome. Pourtant, passant à

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