I. Vers b 10 avril i585. Lettres de Henri IV, t. II, p
chai évîtaît de se rencontrer avec lui. Après la surprise du château Trompette, c'est Montaigne qui vint dire les détails au roi de Navarre, et c'est lui qui rapporta, en échange, les compliments du prince à Matignon '. Aucun messager ne pouvait, il est vrai, être plus agréable, et le maréchal y recourait plus volontiers que le roi de Navarre ne l'eût souhaité, lui qui désirait s'entendre directement avec le lieutenant-général en personne.
Par politique, en effet, Henri de Navarre cherchait à se rapprocher le plus qu'il le pouvait des hommes de guerre en situation de le servir ou de lui nuire. Déjà, à fin de mars, il avait eu à Castres, avec le maréchal de Montmorency, gouverneur du Languedoc, une entrevue qui tourna à l'avantage du prince, puisque le maréchal embrassa ouvertement son parti. Quel précieux renfort viendrait s'ajouter à ce secours si Matignon consentait à se prononcer dans le même sens ! Aussi le Béarnais ne cessaitil de lui proposer quelque entrevue, comme il cherchait aussi à gagner Biron. Mais Matignon faisait toujours la sourde oreille. Le 3o mai i585, au moment de partir pour Montguyon voir le prince de Condé, après la conférence de Guîtres, Henri de Navarre écrivait à Matignon de vouloir bien venir à Liboume pour s'entendre avec lui à son retour : c Je crois, ajoutait-il, qu'il en réussirait beaucoup d'utilité au service du roi 2. » En même temps, le vicomte de
1. Lettre de Henri de Navarre à Matignon. — Bergerac, 24 avril 1585. — Lettres missives de Henri IV, t. II, p. 45.
2. Lettre d*Henri de Navarre à Matignon (de Guîtres, le 3o mai i585). — Lettres missives de Henri IV, t. II, p. 68.
Turenne écrivait chaleureusement à Montaigne pour lui faire presser Matignon. « Monsieur, lui mandait-