‹ MontaigneChapitre 65 sur 78 · Au pied gauche · texte numérisé non relu

Au pied gauche

43ô CHAPITBE Vin

prisonnier par les capitaines et peuple de Paris. C'était au temps que le roi en était mis hors par M. de Guise'. Fus mené à la Bastille 2, et me fut signifié que c'était à la sollicitation du duc d'Elbeuf et par droit de représaille, au lieu d'un sien parent, gentilhomme de Normandie, que le roi tenait prisonnier à Rouen. La reine, mère du roi, avertie ^ par M. Pinart, secrétaire d'État, de mon emprisonnement, obtint de M. de Guise 4, qui était lors de fortune avec elle, et du prévôt des marchands vers lequel elle envoya (monsieur de Villeroy, secrétaire d'État, s'en soignant aussi bien fort en ma faveur) que, sur les huit heures du soir du même jour, un maître d'hôtel de Sa Majesté me vint faire mettre en liberté, moyennant les rescrits du dit seigneur et du dit prévôt adressant au Clerc 5, capitaine pour lors de la Bastille. >

Montaigne à la Bastille! Nous l'en croyons aisément, quand il déclare que c'est la c première prison > qu'il eût connue d'aussi près. L'aventure choquerait davantage, même avec son dénouement immédiat, si on ne savait combien les vexations étaient fréquentes, avec quel arbitraire la Ligue tourmentait les gens,

1. € Je revenais de Rouen, où j'avais laissé Sa Majesté, » dit la seconde version.

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