‹ MontaigneChapitre 69 sur 78 · I. JSssajs(i595),.LIII, ch. viu · texte numérisé non relu

I. JSssajs(i595),.LIII, ch. viu

tant de traits de resdemblance avec son auteur , taût d'observations qui fixaient les sentiments de tous. Pour saisir la physionomie de chacun, Montaigne n'avait eu besoin d'observer que la sienne propre et d'en marquer les contours. Maintenant, le portrait était à la portée de tous, avec sa délicatesse de touche, vrai sous son coloris si gai à Fœil; il suffisait d*y jeter un regard pour s'y reconnaître et pour s'y plaire, tant le modèle avait su se parer d'un vernis gracieux. La critique pourtant commençait son œuvre. Elle trouvait que Montaigne, sous l'apparent mépris qu'il affectait de lui-même, se complaisait beaucoup à parler de lui. c Qui aurait rayé tous les passages où il parle de lui et de sa famille, dit Pasquier^, son œuvre serait raccourcie d'un quart, à bonne mesure, spécialement en son troisième livre, qui semble être une histoire de ses mœurs et actions. » Si Montaigne entendit ce reproche, il n'en fii> pas son profit. Loin de restreindre ce qu'il nous apprend de lui-même, il l'augmente au contraire ; dès qu'il trouve un coin négligé, il l'explore et le met en lumière ; il recommence sa propre peinture et l'étend sans se soucier autrement que le tableau y perde en unité. Il cherche à disperser les traits, à les éparpiller sous des ornements extérieurs qui les surchargent et les déforment. Il disjoint ses raisonnements, coupe le fil de ses déductions, en y intercalant des remarques étrangères; la pensée primitive s'étiole ainsi et s'affadit. Est-ce l'effet de la vieillesse wi

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