KL" ET L'AME
cb sera quelque autre chose qui recevra ces récompenses,
q.iod muiatur dissohilur: inierit ergo : Trajiciuntur enim partes alque online migrant (1)
Car, en la métempsycose de Pythagoras et changement d'habitation qu'il imaginait aux âmes, pensons-nous que le Mon, dans lequel est l'âme de César, épouse les passions qui touchaient César, ni que ce soit lui? Si c'était encoie lui, ceux-là auraient raison qui, combattant cette opinion contre Platon, lui reprochent que le fils se poun-ait trouver à chevaucher sa mère revêtue d'un corps de mule, et semblables absurdités. Et pensons-nous qu'es mutations qui se font des coips des animaux en autres de même espèce, les nouveaux venus ne soient autres cpie leurs prédécesseurs? Des cendres d'un phénix s'engendre, dit-on, un ver, et puis un autre que le premier? Les vers qui font notre soie, on les voit comme mourir et assécher, et de ce même corps se produire un papillon, et de là un autre ver, (pi'il serait ridicule estimer être encore le premier. Ce qui a cessé une fois d'être, n'est plus,
Xec si materiam nostram collegeril œtas Post obUum, rursiimqiie redegerit, ut sita nunc est, Alque itenim nob>s fuerint data honina vita;. J'ertineat quidquam famen ad nos id quoque jaduni. hderrupta seiiiel cwn sit repetenlia nosira (2).
Et quand tu dis aillems, Platon, que ce sera la partie spirituelle de l'homme à qui il touchera de jouir des récompenses de l'autre vie, tu nous dis chose d'aussi peu dapparence {vraisemblance),
Scilicet, avulsis radicibus, ut nequit ullam Dispieere ipse oculus rem, seorsum corpore toto (3).
cmps (|iii fut traîné par les chevaux d'Acliille, ce n'était plus Hector. (Ovide, Trisfps^ III, ii, 27.)
(1) (> '|ui change est dissous, donc périt : les parties désagrégées, il n'y a plus île corps. ( Ltcrèce. III, 7.Ô6.)
(2) Supposez que. après la mort, le tenqis rassemble la matière de notre corps et qu'il le reconstruise tel qu'il est auiourd'hui, supposez alors que la vie nous soit à nouveau donnée, même dans ces conditions, cette nouvelle existence ne serait rien pour nous, puisque le cours de notre \'ie aurait été une fois interrompu. {Id., III, 859.)
(3) Ainsi l'œil arraché de son orbite et séparé du reste ilu corps nu peut voh aucun objet. {Id., III, 5G2.J
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Car, à ce compte, ce ne sera plus riioimiie,[ni nous, par cunsi'qiipnt, à qui toiicliora cotte jonissance : car^^nous snniiuos bâtis . (If deux pièces principales essentielles, desquelles la séparation c'est la mort et ruine de notre être,
Inlcr cniitt jaçta est vHai pauxa, vageque DecrrarunI prtsmn inohis ab setisibus nnnws (]).
Nous ne disons pas que l'homme soulîre quand les vers lui rongent ses membres de quoi il \nvait, et que la terre les consoinnu\
l''l nihil hoc ad nos, qui coilu conjwjioquc ('orporis aique animie consisliunis uniler apli (2).
Davantiige, sur quel fondement de leur justice pc^uvont les dieux reconnaître et récompenser à riiomnu', après sa mort, ses actions bonnes et vertueuses, puisque ce sont eux-mêmes qui les ont acheminées et produites en lui? Et pourquoi s'offensent-ils et vengent sur lui les vicieuses, puisipi'ils l'ont eux-mêmes produit en cette condition fautière. et (pie, d'un seul clin de leur volonté, ils le peuvent empêcher de faillir? K|)icurus opposerait-il pas cela à Platon, avec grande ap])arenee de l'humaine raison, s'il no se couvrait souvent par cette sentence : qu'il est impossible d'établir cjuelque chose de certain" de riminortelle nature par la mortelle? Klle lu- fait que fourvoyer partout, mais spécialement quand elle se mêle des choses divines. Qui le sent [ilns évidemment (jue nous? Car, encore qiu; nous lui ayons donné des principes certains et infailHbles, encore (\uv nous éclairions ses pas par la sainte lampe de la vérité (juil a plu à Dieu nous comnuiniquer, nous voyons pourtant journellement, pour peu qu'elle se démente du sentier ordinaire et qu'elle se détourne ou écarte de la voie tracée et battue par rK'glise, connue tout aussitôt elle se perd, s'embai'rasse et s'entrave, tournoyant et flottant dans cette mer vaste, Iniuble et ondoyante, des opinions humaines, sans bride et sans biil. Aussitôt (pi'elle perd ce graïul et eomnuin diemin, elle se va (livisanl el (lissipaiit en mille routes diverses.
[i) IJl'.s <|ii(; la vir est iiilci iiiiii|iiic, luiil miiuvcmeiil abandonna los sens. (Lvam e, lli. 872.)
(2) Va cfla iK! nous est du rien, puis((ue imus sommes un tout formé de l'union et du maria^je de l'âme et du corps. (Id., 111, bol.}