‹ Montaigne; textes choisis et commentésChapitre 42 sur 61 · XXVIII · texte numérisé non relu

XXVIII

(1) A quoi bon introduii-e nos mœurs dans les temples? 0 âmes courbées vers la terre et vides de tout sentiment divin! (Perse, II, Gl et 62.)

(2) Ils se dissimulent dans les sentiers écartés, dans une forêt de myrte ((ui les enveloppe ; même dans la mort les soucis ne les abandonnent point. (Virgile, Enéide, VI, 443.)

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et de ^^\Tes singuliers, je vois bien que ce sont des moqueurs (|ui se plient à notre bêtise, pour nous enunieller (séduire) el .-ittirer par ces opinions et espérances, convenables à notre mortel apj)étit. Si \])Krt(nif) sont aucuns des nôtres tombés en pareille erreur, se promettant, après la résun-ection, une vie tenestn; el temporelle, accompagnée de toutes sortes de plaisii-s et comnutdités mondaines. Croyons-nous que Platon, lui qui a eu ses conceptions si célestes et si grande accointance à la divinité, que le surnom lui en est demeuré, ait estimé que riiomme. cette pauvTe créature, eût rien en lui dapplicable à cette incompréhensible puissance? et qu'il ait cru que nos prises languissantes fussent capables, ni la force de notre sens assez robuste ]»our participer à la béatitude ou peine éternelle? Il faudrait lui dire de la part de la raison humaine : Si les plaisire que tu nous promets en Tautre vie sont de ceux que j'ai sentis (.-à ba,^, cela n'a rien de commun avec l'infinité. Quand tous mes cinq sens de nature seraient combles de liesse (joie), et cette ânu' saisie de tout le contentement qu'elle peut désirer et espérer, nous savons ce qu'elle peut : cela, ce ne serait encore rien. S'il y a quelque chose du mien, il n'y a rien de divin. Si cela n'est autre que ce qui peut appartenir à cette nôtre condition présente, il ne peut être mis en compte. Tout contentement des mortels est mortel. La reconnaissance de nos parents, de nos enfants et de nos amis, si elle nous peut toucher et chatouiller en l'autre monde, si nous tenons encore à un tel plaisir, nous sommes dans les commodités terrestres et finies. Nous ne pouvons dignement concevoir la grandeur de ces hautes et divines promesses, si nous les pouvons aucunement (en quelque vuinière) concevoir : pour dignement les imaginer, il les faut imaginer inimaginables, indicibles et incompréhensibles, et parfaitement autres que celles de notre misérable expérience. (Kil ne saurait voir, dit saint Paul, et ne peut monter en cu'ur dhomme l'heur (èoji^iiîMr) que Dieu a préparé aux siens. Et si, pour nous en rendre capables, on réforme et rechange notre être (comme tu dis, Platon, par tes purifications), ce doit être d'un si extrême changement et si universel que, par la doctrine physique, ce ne sera plus nous ;

Hecior eral tune quum bdlo certnbat; ai ille

Traduit ab Mmonio, non eral Hector, equo (1); .

(1) C'était Hector qui combattait les armes à la nuiiii ; mais le

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