I. Lecanuet, Moniahnibert^ I
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recevoir. « Nous bénissons la Providence, écrit-il, de nous avoir jetés au milieu » d'une époque oi^i quiconque sent couler dans ses veines quelques gouttes de » sang chrétien aurait besoin d'un grand effort pour rester oisif. Ces combats » sont notre repos, parce qu'ils sont la joie de notre conscience. » Mais, comme il n'y a point de haine dans son cœur, il n'y a pas non plus d'amertume dans ses écrits ; de temps en temps seulement on voit percer une pointe d'aristocratique dédain et le défi plein de vaillance du gentilhomme. Le Ion général est l'enthousiasme, la foi et la piété. »
Quelle touchante délicatesse de sentiment dans les pensées suivantes (') :
« A force de combattre, on a quelquefois presque l'air de haïr et cette pensée seule nous est amère... Nous poursuivons ceux qui se sont faits nos ennemis de tout l'amour que nous portons aux biens sacrés qu'ils voudraient nous ravir. Mais qu'ils cherchent à surprendre sur nos lèvres un murmure d'inimitié personnelle : ils l'attendront en vain. Leur malheur est de ne pas croire aux sentiments que les chrétiens leur réservent. Quand il leur arrivera d'être justes, nous les accablerons de notre reconnaissance. Parmi ceux qui se croient nos ennemis, combien qui n'ont besoin que de nous connaître pour être à nous ou du moins avec nous ! Il y a entre nous et eux, non pas un mur, mais seulement un voile... »
A côté de ce tendre amour pour ses frères, nous voyons constamment l'amour de Jésus-Christ qui en était l'inspirateur et le mobile. Quels élans généreux, quelle foi ardente, dans cette protestation contre l'acte impie qui avait fait abattre une croix plantée au mont Valérien :
« Hommes venus avec l'orage et que l'orage ne respectera point, elle vous était donc bien à charge, cette croi.x qui, du haut du Calvaire, planait à la fois sur Saint-Cloud et sur Neuilly, sur les vaincus et sur les vainqueurs, qui s'élevait au-dessus de tout ce qui vous entoure, comme pour frapper l'œil du Très-Haut avant qu'il ne le baissât sur les misères de la patrie ? Elle vous importunait donc rudement, cette pieuse ardeur des fidèles qui enveloppaient la montagne dans les replis de leur foule nombreuse et qui y couraient pour y chercher de saintes consolations ou pour y pleurer sur une poussière aimée ! Ah ! malheureux ! que vous sert d'affliger les catholiques ? Croyez-vous désarmer ainsi la fureur républicaine, qui s'arme contre vos prétentions à la succession du passé ? Quand vous leur aurez jeté pour pâture la foi des peuples et la croix de Dieu, (ju'y gagnerez-vous ? Un peu plus de leur mépris, et la perte de notre attachement qui n'attendait qu'un mot pour vous être acquis, un mot qui nous eût faits