‹ Montalembert (volume 2)Chapitre 133 sur 242 · CHAPITRE XÏV LES MOINES D'OCCIDENT · texte numérisé non relu

CHAPITRE XÏV LES MOINES D'OCCIDENT

En cette retraite où le second Empire l'a plongé, en ces voyages multiples et variés que nous venons de décrire, Montalembert poursuit avec ardeur ses études historiques. C'est le moment où Guizot rédige ses Mémoires parlementaires et publie ses belles études sur l'Angleterre, où Cousin ressuscite les femmes célèbres du dix-septième siècle, où Thiers nous raconte les annales du premier Empire. Ces grands esprits cherchent dans l'histoire des consolations aux déboires de la politique. L'histoire d'ailleurs, n'est-ce pas encore la politique, mais la politique apaisée et, pour ainsi dire, vue à distance ?

Pour Montalembert, l'histoire, c'est encore l'Église, vue aussi à distance et dégagée des nuages dont les passions humaines obscurcissent trop souvent sa lumière. L'Église! Puisqu'il ne peut la servir à son gré dans le présent, il la glorifiera, il la vengera dans son passé, sur le terrain même où elle a été le plus méconnue et où elle rencontre encore le plus d'antipathies et de préjugés. Si la conquête de la liberté d'enseignement a été l'œuvre de sa vie publique, les Moines d'Occident ont rempli ses dernières années. Cet important ouvrage, enfanté dans la douleur comme toutes les choses qui durent, domine les autres entreprises de Montalembert. « En parcourant la table des matières, ainsi qu'on regarde une cathédrale dans son ensemble, lui écrivait M^'' Dechamps, archevêque de Matines, j'ai remercié Dieu, les larmes aux yeux, d'avoir permis que vous fussiez un peu traité comme Hilaire

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