L ENCYCLIQUE QUANTA CURA ET LE SYLLABUS
En cette année 1864-, un second Congrès catholicfue eut lieu à Matines. Montalembert s'abstint d'y paraître, mais son souvenir ne cessa de planer sur l'assemblée ; maintes fois son nom fut évoqué par les orateurs et acclamé par la salle entière. D'ailleurs M^"^ Dupanloup qu'il avait vivement, sollicité de s'y rendre, y triompha à sa place; à sa place encore, un Jésuite illustre, le R. P. Félix, prédicateur de Notre-Dame, défendit la liberté. Après avoir montré l'Église résistant à travers les siècles à la persécution et à la protection des princes :
« Que deviendra-t-elle dans les temps modernes, se demanda-t-il ? Acceptera-t-elle les conditions qui lui seront faites en ce monde nouveau dont la liberté sera le grand soleil? Et si elle les accepte, supporterat-elle l'action de cette dévorante atmosphère? Qu'adviendra-t-il si tous les puissants de la terre, venant à lui retirer leur appui, la laissent passer comme une étrangère, sans insulte, mais sans défense, à travers leurs républiques, leurs royaumes et leurs empires, sous la seule sauvegarde d'une commune liberté?...
« Quoi! l'Église qui n'aime rien tant que sa liberté, l'Église qui a donné au monde la liberté, la fraternité, elle-même aurait peur de ces biens dont elle seule a doté des générations ingrates? Quoi! cette vie qui n'a pu tarir sous le glaive d'aucune persécution; cette vie que n'a pu étouffer le poids d'aucune protection; cette vie qui a poussé à travers tant d'obstacles conjurés sa sève indestructible, vraiment vous croyez qu'elle ne pourrait se déployer dans un ciel vaste et libre? Vous croyez