FIN DE LA VIE PUBLIQUE
à la conscience catholique de la France. Ne nous rassurons pas trop en nous disant que l'orateur n'eut pas été écouté. Serait-il donc rentré au Corps législatif sous des auspices plus défavorables qu'à la Constituante? Un tel homme, dès qu'il a sa place dans les Assemblées, y trouve toujours son heure. En lui fermant la porte du Corps législatif, nous avons méconnu un grand devoir, et cependant nous étions sûrs que notre représentant ne faillirait pas à son mandat. (1) »
Montalembert, quand lui parvint cette nouvelle, se trouvait à Enghien, seul et malade. Le jour des élections, il s'en était allé, à travers la forêt de Montmorency, prier sur les tombes du cimetière polonais. Parmi toutes les réflexions que lui inspirèrent cette défaite qui mettait fin à sa vie publique, je veux relever cette seule prière : « Mon Dieu, donnezmoi la résignation et faites-moi accepter toutes les épreuves que vous m'enverrez comme le juste châtiment de mes fautes. »
Il lisait à ce moment, avec le plus vif intérêt, la Vie de saint François de Sales, par M. Hamon; et les sublimes paroles que le baron de Chantai, blessé à mort, adresse à sa femme, lui servirent de consolation : « Madame, les ordres de Dieu sont justes. Il faut les respecter, les aimer et mourir! »
(1) Mb' Besson, Montalembert en Franche-Comté, p. 131.