UN PROCÈS DE PRESSE SOUS LE SECOND EMPIRE
Une âme sainte avait dit de Montalembert : « Avant de mourir, il lui faudra passer par toutes les épreuves. » Cette prophétie se réalise. En 1852^ il a perdu la confiance des catholiques; en 1857, à 46 ans, il est rejeté de la vie publique. Ce ne sont là pourtant que les premières étapes du calvaire. Déjà la maladie, la cruelle maladie de reins qui doit le dévorer tout vivant, commence ses ravages. Au mois d'août 1857, une crise plus aiguë l'oblige à partir pour Évian : il y apprend la mort de M""® Swetchine. « Quelle perte pour moi, écrit-il^ pour Anna, pour nos enfants, pour nous tous qu'elle a tant aimés! Depuis trente ans, elle n'a cessé de veiller sur moi... ; elle m'a toujours traité comme un fils de prédilection, toujours écouté, consolé, adouci, éclairé... Sa maison était la seule où je fusse sûr d'être bien accueilli. Ah! qui me rendra cette porte et ce cœur, toujours ouverts à mes douleurs comme à mes joies! (1) »
Quelques mois se passent, nous trouvons Montalembert, rue de Sèvres, près du P. de Ravignan qui vient de mourir. Il perd en lui un ami fidèle et plein de tendresse. Rien dans leur correspondance, qui s'est continuée jusqu'à la fm, n'in-
(1) Journal, 12 septembre 1857.