LA MALADIE
profonde, si absolue. Dès La première heure, il trace d'une main défaillante ces Lignes dans son Journal : « Les desseins de Dieu sont justes... Puissé-je expier par mes souil'rances mes trop nombreux péchés ! ... Je pardonne à tous ceux qui ont brisé ma vie. » Il s'efforce d'accepter cet état d'impuissance si pénible à sa nature, d'acquérir cette sérénité calme et résignée du chrétien qui porte la croix de Jésus-Christ. « Celui qui souffre sans vouloir souffrir, répète-t-il avec Fénelon, ne trouve dans ses peines qu'un commencement des éternelles douleurs. Quiconque se soumet dans sa souffrance, la change en un bien infini. Je veux donc, ô mon Dieu, souffrir en paix et avec amour. .. (1) » Tous les huit jours, ilse confesse au Père Matignon et reçoit Xotre-Seigneur avec une piété touchante. Pendant vingt dimanches, il souffre de ne pouvoir assister à la messe, jusqu'à ce que le P. Longhaye, son ancien correspondant de Rouen devenu Jésuite, vienne célébrer dans sa chambre le saint sacrifice. Puis, pour que rien ne manque à ses consolations religieuses, le P. Gratry lui fait chaque semaine une homélie sur l'Évangile. Il aime aussi à réciter le chapelet avec la sœur Saint-Marcellin, religieuse du Bon-Secours, qui, pendant plus de deux ans, lui prodigue les soins les plus dévoués ; mais ce qui lui est plus doux que tout le reste, c'est de prier avec sa femme et ses enfants agenouillés autour de son lit : « Thérèse fait chaque jour la prière à côté de mon lit, écrit-il. Quelle expression délicieuse dans ses yeux tournés tantôt vers le ciel et tantôt vers son père malade !
« Béatrice in suso, edio in lei guardava. (2] ■
Cependant, à la nouvelle que la vie de Montai embert est menacée, l'émotion et la sympathie sont générales. Rue du Bac, les visiteurs affluent et les registres se couvrent de noms de toutes les classes et de tous les partis. En dehors des vieux et fidèles amis, Cornudet, Rio, Cochin, deBroglie, d'Abbadiequi viennent presque chaque jour, MM. Thiers, Guizot, Berryer, Changarnier, Trochu, de Corcelles, Prévost-Paradol, Daru, le duc de Noaiiles, le baron de Hiibner, les duchesses de Nor-
(1) Journal.
2 Journal, 12 juin 1866. Beatrix regardait le ciel, et moi je la regardais.
412 MONTA LEMBERT.
folk et de Galliera. Mme'Craven, deForbin et de Blacas, sont les plus assidus. Plusieurs fois par semaine, la princesse Marcelline Czartoryska, avec une bonté qui n'a d'égale que son merveilleux talent, distrait le pauvre malade en lui jouant les plus beaux morceaux de son répertoire. Par son empressement, le clergé surprend Montalembert lui-même. Inutile de nommer M** Dupanloup, dont la correspondance est plus active que jamais; un grand nombre d'autres prélats, parmi lesquels les archevêques de Paris, de Bourges, de Rouen, de Bordeaux, de Reims, de Cambrai, Mgr Lavigerie, M? Meignan, etc., viennent exprimer leur sollicitude; d'autres écrivent et font prier leur clergé pour la guérison de l'orateur catholique.
Un jour, on annonce M^r Pie, évêque de Poitiers. S'ila jadis causé à Montalembert une des plus grandes peines de sa vie, il lui apporte aujourd'hui une consolation sans pareille : « Il m'annonce que le Pape, avec une bonté tout à fait paternelle, l'a chargé d'apporter à Catherine l'autorisation de venir me voir pendant ma maladie, et cela tous les huit ou quinze jours, tant que cette maladie durera, et surtout sans qu'on tire de cette extrême faveur des conséquences contraires à la prolongation de son séjour à Paris, où le Pape désire formellement qu'elle reste. Le Saint-Père a accompagné cette grâce vraiment signalée des expressions les plus affectueuses sur la reconnaissance qui m'est due pour mes services anciens. Et il a certainement mis une singulière délicatesse à charger l'évêque le plus opposé à mes idées de m'apporter cette marque de sa sollicitude. Impossible d'ailleurs d'être plus gracieux et plus aimable que n'est ce fameux évêque, encore tout jeune et plein de vigueur et de vie. (1) » Quelques semaines après, le Saint- Père lui-même adresse à Mme de Montalembert une lettre fort touchante sur la santé de son mari.
Les étrangers ne montrent pas moins d'intérêt. Le cardinal de Reisach, archevêque de Munich ; Mgr Strossmayer, le célèbre évêque de Diakovar: le patriarche d'Antioche et d'Alexandrie; M27 Dechamps, évêque de Namur, visitent à plusieurs reprises Montalembert. — « La miséricordieuse Providence, lui écrit
(1) Journal, 11 juillet 18É
Il IV HECKER A RIXENSART. 413
New m an, s'est obstinéeà vous refuser en cette vie la récompense de vos grands travaux, afin de vous glorifier surabondamment dans un inonde meilleur. C'est pour cela qu'il plaît a Dieu aujourd'hui encore de vous visiter par une cruelle maladie. Je vous demande de me faire parfois l'aumône d'une prière; quant à moi, j'ai pris l'habitude, chaque fois que je me rends devant le Saint Sacrement, de me souvenir de vous. » Mais voici, raconte le Journal, « un homme que je ne puis mieux définir que par l'expression dont il se sert si souvent, first rate(\). C'est le P. Hecker, Pauliste de New- York que j'avais déjà vu il y a dix ans, à Paris, mais qui ne m'avait pas frappé comme aujourd'hui. J'ai entendu de fort beaux sermons dans ma vie, mais aucun ne m'a plus ému que le récit fait par lui, ce soir, dans la cour, en un français à peine intelligible, de la marche qu'a suivie son âme pour passer des questions politiques et sociales aux questions religieuses, et pour arriver, après sept ans de recherches, du néant au dogme de la présence réelle et perpétuelle de Dieu dans l'Eucharistie. Depuis de longues années, je n'ai rencontré personne qui m'ait autant frappé. Il m'édifie par ses réflexions sur Tahsence de charité entre catholiques, autant qu'il m'intéresse par ses idées sur les Ordres anciens et nouveaux et ses renseignements sur les progrès prodigieux de la religion en Amérique. »
C'est au château de Rixensart, près Bruxelles, que Montalembert reçoit cette dernière visite. Après de longs mois de souffrance, les médecins ont permis d'y transporter le malade. Il y séjourne de juin à octobre 1867, espérant, à l'ombre des grands bois du manoir des Mérode, retrouver le calme et la santé. Mais sa présence est vite connue en Belgique, et de toutes parts les visiteurs affluent. Au commencement de septembre, a lieu le troisième Congrès catholique de Malines; à cette occasion. M?r de Mérode, MsrDupanloup et M. de Falloux passent quelques jours à Rixensart. Chaque fois qu'au
(1) De premier ordre.
414 MOMALEMBERT.
sein de l'assemblée catholique le nom de Montalembert est prononcé, il y excite d'unanimes applaudissements. Combien plus encore le 6 septembre, lorsque M. de Falloux donne lecture au Congrès de la lettre que lui adresse son ami :
... Et moi aussi, écrit-il, je garde un souvenir ineffaçable de cette grande assemblée où s'est accompli le dernier acte de ma vie militante.
Sans doute il est dur pour moi d'être retenu loin d'elle par une infirmité invincible; mais je ne veux pas que la tristesse ou le regret vienne m'assombrir, au moment où il me semble respirer le souffle vivifiant de la libre et catholique Belgique, réunie dans ses comices périodiques.
Dites donc à nos amis que je suis comme vous plein de confiance et de résolution.
Je me sens confirmer dans cette résolution, en voyant que la troisième assemblée du Congrès se montre toujours animée du même esprit qu'en 1863 et 1864, que l'amour passionné de l'Église s'y concilie avec toutes les aspirations généreuses et sensées de la vie publique, qu'elle est toujours décidée à revendiquer pour défendre nos vieilles croyances tout ce qu'il y a de si puissant et de si légitime dans les idées nouvelles, dans les institutions libérales, dans les progrès modernes ; qu'elle compte bien par conséquent ne pas laisser à nos adversaires le droit de se poser en représentants exclusifs de la civilisation et de la société contemporaines...» (Acclamations universelles. Vire Montalembert !
L'n mois auparavant, à la fin de juillet, le comte de Paris et le duc d'Aumale étaient venus à Rixensart et avaient passé la journée près de MontalemberL « Pendant les deux ou trois heures de conversation que j'ai avec les princes, écrit-il, je retrouve chez eux toutes les qualités que je leur avais déjà recounues lors des visites que je leur ai faites en Angleterre. Ils ont tout ce qu'il faut pour comprendre, intéresser et gouverner les hommes de leur temps. (1) » Le réveil des idées libérales en Frauce, la question romaine, les dangers de l'imité allemande, tels sont, à n'en pas douter, les sujets de ces entretiens. On en retrouve Vécho dans les lettres que les princes échangent avec Montalembert après cette visite, lettres remarquables et qui mériteraient d'être publiées. Ils sont d'accord sur tous les points : cependant Montalembert se permet de reprocher aux princes leurs ménagements nour l'Italie, et la réserve
nirnal, 23 juillei
VISITE DES PRINCES D'ORLÉANS. 41b
excessive qu'ils ont gardée à l'endroit du pouvoir temporel du Pape. Ils réprouvent évidemment les attentats commis contre le Saint-Siège; niais il est déplorable qu'ils n'aient pas l'ail entendre une protestation publique et gagné ainsi les sympathies du clerqé et des catholiques.
Sur les dangers de l'unité allemande, leurs craintes sont les mêmes: le comte de Paris rend Napoléon III responsable de ce grave péril. « En effet, écrit-il à Montalembert, c'est parce «pie la France a abdiqué la direction de ses affaires et remis tout entre les mains d'un seul homme, que les Allemands, alarmés d'un pareil voisinage, ont recherché l'unité avec une nouvelle passion. C'est malheureusement à notre exemple que, sacrifiant la cause libérale à de trompeuses chimères, ils ont. par leur ardeur à poursuivre cette unité, provoqué son établissement au profit d'une monarchie militaire et excusé les violences qui l'ont accompagnée. Aussi le césarisme prussien est-il le produit naturel du césarisme français, et quoi qu'on en dise, sont-ils tous les deux solidaires... (1) »
La presse ne manqua pas de s'occuper de la visite des princes d'Orléans à Puxensart. Lnjournal belge, l'Époque, attaqua Montalembert et ses prétendues variations politiques. Celui-ci eut la surprise d'être défendu en cette circonstance par Louis Veuillot. Dans un article « à la fois très habile et très vrai"??]"», le% directeur de l'Univers justifiait l'attitude politique de Montalembert et terminait de la sorte :
En quoi donc est-il étonnant que les princes de la maison d'Orléans viennent saluer cet illustre homme de bien? Ils n'ont rien àiui remettre, il n'a rien à leur promettre. La cruelle maladie de M. da Montalembert est un sujet d'affliction pour la religion et pour les lettres, comme pour ses amis et pour sa famille; des princes français n'ont pas besoin d'un motif particulier pour lui témoigner une sympathie qui est, Dieu merci, générale. Tout cœur chrétien serait heureux de pouvoir donner cette marque de respect à l'orateur de la liberté de l'Église, à Fauteur de ÏHistoire des Moines d'Occident. Une telle démarche sied surtout aux princes.
Les princes de notre temps sont sujets à rendre des visites qui leur font moins d'honneur, nous dirons même qui se justifient moins à titre
fl) Le comte de Paris à Montalembert. 4 février 1868. irnal.
de curiosité. Un homme de si grande valeur, l'un des maîtres de l'éloquence, si savant, si parfaitement né pour manier les grandes affaires du monde, et qui néanmoins a si fermement tenu la voie qui 1 éloignait des faveurs du trône et des faveurs de la popularité, c'est une rareté de premier ordre dans les principautés, dans les démocraties et jusque dans les empires. (1)
Cette avance honorait M. Veuillot, soit qu'il obéit au désir j du Souverain Pontife, soit plutôt qu'il suivit les inspirations ^ de son propre cœur. A plusieurs reprises d'ailleurs, depuis la maladie de Montalembert. il avait tenté de s'en rapprocher. Le premier numéro de l'Univers ressuscité (avril 1867) contenait un article favorable aux Moines d'Occident. Se trouvant à Plombières, au mois de juillet 1866, en même temps que M. Foisset, Louis Veuillot allait chaque jour lui demander des nouvelles de l'illustre malade et ne cachait pas son désir d'une réconciliation suprême. Lorsqu'au mois de décembre de la même année, W Mermillod prit l'initiative de ce rapprochement, Louis Veuillot répondit :
Oui, c'est toujours le moment de se réunir, et ce moment est aujourd'hui plus opportun et plus pressant que jamais. J'ose dire devant Dieu et du plus profond de mon àme que je suis, pour ma part, tout prêt. Mais où se réunir, Monseigneur, et qui marquera le terrain? S'il n'y avait que des difficultés de personnes, je suis convaincu qu'elles seraient partout aussi parfaitement, aussi aisément annulées qu'en mon cœur. La maladie si longue et encore si redoutable d'un de nos frères m'a mis dans une véritable angoisse, et j'éprouve un tourment indicible à penser qu'il peut mourir avant que je lui aie serré la main. Je n'ai rien négligé de ce que la discrétion me permettait pour le lui faire savoir. J'ignore s'il l'a su. (2)
Louis Veuillot avait raison d'écrire : « Où se réunir et qui marquera le terrain? » Il sentait lui-même que sa tentative ne
(1) Univers, 30 juillet 1867. Quoiqu'il répète dans son Journal le vers de Virgile :
Xon tali auxilio, nec defensoribus istis Tempus eget...,
Montalembert écrit d'autre part : « Cet acte doit désormais m'imposer silence sur mes griefs personnels contré lui, en laissant subsister tous nos dissentiments politiques et religieux. »
(2) Louis Veuillot à M&* Mermillod, 16 décembre 1866.
ESSAI DE RAPPROCHEMENT AVEC LOUIS VE1 [LLOT. ii7
pouvail aboutir. Ses attaques publiques et persistantes restaienl «X gravées au cœur de Montalembert comme avec un fer rouge. Le directeur de /'Univers ne venait-il pas encore de publier F Illusion libérale, où il traite les catholiques libéraux de « gens de peu de fierté et de peu de foi..., de cœurs défaillants, pleins de l'appétit d'Ésaû et de sa passion pour les lentilles,... de gens sentant l'hérésie et qui ont pour vrai nom sectaires »? Comme chrétien, Montalembert devait pardonner; il l'avait fait généreusement dès le premier jour de sa maladie. Eùt-il été saint François de Sales, il ne pouvait se réconcilier avec un homme dont l'œuvre lui paraissait funeste à l'Église et dont les idées étaient si opposées aux siennes. Sa réponse ne fut pas d'un saint, mais d'un soldat vaincu, blessé, passionné, résolu à combattre jusqu'à la mort :
Cette réconciliation, dit-il, est, selon moi, également impossible et indésirable.
Il ne s'agit pas ici du pardon des injures. J'espère être en règle sur ce point, mais il s'agit d'abord deY honneur, dont les catholiques contemporains ont appris à faire trop peu de cas ; il s'agit ensuite de la cause catholique, telle du moins que je l'ai comprise et servie jusqu'ici.
Je n'ai rien à réparer envers M. Veuillot. J'ai combattu ses doctrines et son influence sur l'Église, sans jamais attaquer sa personne, directement ni indirectement. Son nom même ne s'est jamais trouvé sous ma plume qu'une seule fois (dans le Correspondant du 25 juin 1863), et cela pour blâmer la mesure exceptionnellement arbitraire dont il a été l'objet | i .
Lui, au contraire, m'a personnellement insulté et indignement calomnié pendant plusieurs années de suite dans une série d'articles de VIS Hivers, articles qu'il a reproduits dans les douze volumes de ses Mélanges, sans avoir par conséquent lachétive excuse des excitations de la polémique quotidienne; mais avec l'orgueil trop naturel de l'homme qui, comblé des éloges du pape et de l'épiscopat, a pu redire encore une fois dans les Odeurs de Paris : «Je ne m'excuse ni ne m'accuse de rien. »
Si M. Veuillot rétractait publiquement les injures et les calomnies dont il m'a 'publiquement gratifié, je ne l'en regarderais pas moins comme l'en-, nemi le plus redoutable de la religion que le xix8 siècle ait produit, maisX je pourrais et je devrais avoir envers lui l'attitude prescrite par la cour- ' toisie à des gens comme il faut. Tant qu'il ne l'aura pas faite cette rétractation, je le tiendrai pour un calomniateur et un insulteur public, avec le-
(1) Montalembert se trompait. Dans sa notice sur Lacordaire, il avait extrait de la correspondance de son ami et publié des passages particulièrement blessants pour Louis Veuillot.
mo.ntalembi:rt. — ni. 27
418 MCOTALEMBERT.
quel le respect de ma bonne renommée m'interdit toutes relations, sous peine d'accepter tacitement les accusations ou les insinuations dont j'ai été l'objet de sa part...
Voilà pour la question personnelle. Mais la question générale est bien autrement grave. Se peut-il qu'un homme comme M?r Mermillod croie à l'utilité, pour la défense de la cause catholique, d'une confusion qui donnerait lieu de croire et de dire qu'il n'y a plus d'autre catholicisme en Europe que celui de V Illusion libérale et des Odeux? Je pq^*9 Quoi! c'est en Tannée même où cet homme (autorisé, je ne le nie pas, par les encouragements du Pape et des évèques) a ose dénoncer publiquement comme hérétiques ou sentant l'hérésie tous les catholiques qui ne pensaient pas comme lui sur la théologie, la politique et l'histoire, c'est au moment où il vient de dépasser toutes les bornes jusqu'à présent connues de l'invective et de l'injustice contre cette société contemporaine qu'il a contribué fplus que personne à dépraver et à désorienter, c'est alors que nous devrions faire tomber toutes les barrières, hélas! trop peu visibles et trop ^ peu connues qui nous séparent de lui? Est-ce donc là ce que Mgr d'Hébron trouve de plus propre à désarmer et à ramener les protestants suisses? Est-ce là ce qu'il a rapporté de toutes ses pérégrinations et prédications dans les quatre coins du monde? En vérité, mon ami, cela est nun moins triste qu'incompréhensible...
Je suppose, par impossible, cette réconciliation opérée pour le passé. Mais quid de l'avenir? Sur quel point serons-nous d'accord pour défendre la religion et la société? Je défie qu'on m'en cile un seul. Nous n'avons les mêmes convictions, les mêmes espérances, les mêmes répugnances sur rien, ni sur le rôle de la papauté, ni sur l'influence du clergé, ni sur l'Europe, ni sur l'Amérique, ni sur l'éducation, ni sur la liberté, ni sur
Via royauté, ni sur la littérature, ni sur le ciel, ni sur l'enfer. Car, grâce a Dieu, je ne pense pas, comme M. Veuillot, que V enfer soit ce que Dieu a fait de mieux...
Vous me dites, mon ami, que personne ne veut plus de la lutte. Eh bien, moi, jen veux encore, et tant que j'aurai encore un souffle de vie, j'en voudrai. Je puis bien subir les entraves et le bâillon que les circonstances m'imposent; mais absoudre les traîtres et les fous qui nous ont conduits où nous sommes, jamais! On pourra m'empêcher de parler ou d'écrire désormais, mais jamais je ne dirai ni n'écrirai une parole qui ne *£oit une protestation directe ou indirecte contre l'esprit dont M. Veuillot /e6t la funeste personnification parmi nous. (J)
Non moins rigoureux le jugement de Montalembert sur Mgr de Salinis et certains évêques ralliés servilement au second Empire. Nous devons l'enregistrer impartialement, quoiqu'il nous en coûte. Tout en constatant la passion qui inspire ces
^ (ly A M. Foisset, 26 décembre 1866.