I.l II RE DES CATHOLIQUES DE I OBLENTZ
sîod qui m'animaienl alors à tous ceux de La génération actuelle, qui ont su dérober au second Empire un reste • li' conscience, de courage, de chaleur et de vie. N'est-ce pas assez vous dire que, tout en rendant justice et hommage au dévouement qui vous inspire, vous et vos collaborateurs, je vous trouve tous d'une sagesse, d'un»:' prudence et, pour tout dire, d'une froideur qui me déconcerte? (1) »
En tin. au mois de juillet 1869, Montalembert découvre dans un journal allemand une lettre de trente avocats et s/ professeurs catholiques de Coblentz à l'évêque de Trêves, pour protester contre les doctrines de la Civiltà et récla-ii mer les réformes nécessaires. 11 les félicite publiquement, ce qui le fait accuser par Louis Veuillot « cl être passe'. pt^r V£j^uies ».
« Je ne saurais vous dire, leur écrit-il, à quel point j'ai été ému et charmé par ce glorieux manifeste de la conscience et de la raison des catholiques d'autrefois. J'ai cru voir luire un éclair au milieu des ténèbres et entendre enfin un accent viril et chrétien, au milieu des déclamations et des adulations écœurantes dont nous sommes assourdis... (2) » Peu de temps après, les évèques allemands, réunis à Fulda, dénoncent les projets des théologiens absolutistes comme imprati- ] cables et dangereux:. L'illustre évêque de Mayence, &lg* Ket-/ teler, se prononce à son tour contre l'infaillibilité. Chose étrange, Montalembert ne peut obtenir du Français qu'il publie la lettre des catholiques de Coblentz. Il est obligé de s'adresser à M. Cuvillier-Fleury pour la faire paraître dans le Journal des Débats, « Quand je considère, dit-il à ses amis, la pitoyable infériorité de la France catholique com-V parée à l'Allemagne, je me sens pénétré à la fois d'm.ligna-r tion et de pitié... »
(1) A. Fr. Beslay, 27 octobre 1868.
(2, Aux catholiques de Coblentz. juillet 18G9.
438 MONTA LE MBERT.
Pourquoi donc les amis de xMontalembert s'obstinent-ils ainsi à garder le silence? Penseraient-ils autrement que lui sur ces graves questions? Ils partagent, à n'en pas douter, ses idées et ses inquiétudes, mais ils les trouvent excessives et s'efforcent de calmer son impatience.
La modération dans les travaux préparatoires du Concile se met à l'ordre du jour, lui écrit M. de Falloux. Le Pape aurait dit lui-même tout récemment : « Le Syllabus est une viande crue qui demande à être cuite « et assaisonnée. » Le Syllabus. ajoute-t-on, serait tenu dans l'ombre, ou s'il en était question, c'est l'assaisonnement de l'évèque d'Orléans qui prévaudrait... Espérons donc, cher ami, que cette patience qui nous coûte tant et très justement, à vous plus qu'à personne, nous aura valu ce qu'elle nous aura coûté et sera bientôt récompensée par un de ces coups de lumière et de grâce qui illuminent toute l'histoire de l'Église. » Il ajoute, au sujet de rinfaiiiihi|jff ppg p^rnlp^ spiirp.ps : « Un concile ne
y peut la proclamer sans ladehnir, et il ne peut la définir sans lalimiter...
> Nous ne manquions pas de docteurs pour faire entrer dans l'infaillibilité pontificale tous les Fioramonti et les Mercurelli imaginables, avec toutes les lettres latines ou même italiennes qu'ils pouvaient présenter à la signature isolée du Pape. Si une définition solennelle est donnée, toutes ces exagérations puériles seront mises à néant; le mot ex cathedra sera expliqué; il aura ses conditions et ses lois.
Les directeurs du Correspondant estiment d'ailleurs qu'une attitude expectante et silencieuse est plus habile et qu'il serait dangereux de trop surexciter les passions avant le Concile. Ce sont ces conseils diplomatiques que Montalembert repousse avec énergie :
jf ... Je me demande quelquefois, écrit-il à M. de Falloux, si vous savez bien à qui vous parlez et qui vous avez pour ami, c'est-à-dire, avant tout, un homme d'action, de lutte et de publicité, et ce n'est certes pas à l'approche de mes soixante ans que j'irai changer d'allures. Je reviens des portes de la mort : Dieu sait que je n'ai point désiré la vie, qui n'a plus conservé l'ombre d'un attrait ou d'une illusion pour moi. Mais, puisqu'il a jugé à propos de me la rendre pour quelque temps, j'imagine que c"est pour en user comme j'en ai usé jusqu'ici. L'action donc, c'est-à-dire
ESPÂGN1 J l l li.l RTÉ.
l'action Bans calcul, sans aucane préoccupation du succès et surtout aucune pensée d'être ou de devenir « inattaquable », voilà ma vie. \ me tracez un programme qui est l'antipode de ma nature, qui peut et doit Être excellent pour d'autres, mais qui me réduirait au oéant : « Ne ^ ire ce qui me réjouirait le plus, me contenir, me défendre de mes J impressions les plus vives, »-tc. »
Je n'ai jamais rien valu et ne vaudrai jamais rien que par l'epanchement public de mon àme, le jet vigoureux et spontané de ma pensée. Je n'ai jamais eu qu'une seule tactique; aller au feu tout simplement, toutes les fois que je l'ai du et que je l'ai pu...
... Réduit au rang de simple publiciste. je n'ai plus qu'un devoir efc^ qu'un besoin : celui de parler quand ma conscience m'y excite ; de servir la / vérité en la disant le plus haut que je puis; de chercher la lumière et de / la répandre de monmieux. Cela a déplu et cela déplaira toujours à beaucoup de gens, surtout parmi les catholiques. Nous leur avions fait violence de 1830 à 1850 : ils sont rentrés dans les habitudes de muets du sérail que leur ont fait contracter trois cents ans d'alliance intime entre le pouvoir absolu et l'Église. Je n'en puis mais; mais je n'ai jamais été et je ne veux en aucune façon me mettre à leur niveau pendant les quelques jours qui me restent à passer ici-bas. Mieux aurait valu mille fois tomber dans l'idiotisme que de retrouver toutes mes facultés pour végéter dans un lâche silence ou une inaction calculée, (i)
Cependant une grave révolution vient d'éclater en Espagne?*. Après trente-cinq ans de règne, la reine Isabelle IL en raison de ses tendances absolutistes, a été renversée du trône, proscrite et remplacée par un gouvernement insurrectionnel. Montalembert a suivi de près ces événements, et dans les intervalles de paix que lui laisse la maladie, il entreprend d'en dégager les importantes leçons. Après avoir retracé dans un tableau plein de vie et de couleur le glorieux passé de l'Espagne au moyen âge. il montre que sa décadence a commencé le jour où bÉglise est devenue, sous Charles-Quint et Phi- ïj lippe II, l'instrument et le complice du despotisme. Montalembert n'est pas de ceux qui essaient de ^habiliter l'Inquisition : il en flétrit énergiquement les excès et lui reproche d'avoir créé, dans les deux mondes, pour l'impiété, pour la haine et le discrédit du catholicisme, un aliment inépuisable. « Il n'y a pas dans l'histoire du monde, dit-il, un second exemple d'un grand pays ainsi ruiné, ainsi abattu, ainsi déchu, sans que
(1) A M. de Falloux, 24 mai 1868.
iiO MONTALEMBERT.
la guerre étrangère ou la guerre civile y soient pour rien, mais par le seul et simple effet des institutions dont il est la proie. » Faut-il rendre le catholicisme responsable de cette décadence? Ce serait un blasphème et une absurdité. La foi religieuse du peuple espagnol a fait sa grandeur au moyen âge ; mais il est trop vrai, et il faut avoir le courage de le dire, que l'allia^-P tr^p jnfimp de l'Église avec la monarchie absolue, sousla maison d'Autriche et depuis, n'a pas été étrangère à la rfltastrnphp là pins triste et la plus étrange des temps moiernes.
Tîontalembert arrive à la révolution qui vient de s'accomplir : il examine les causes et les conséquences de la chute d'Isabelle. Le gouvernement provisoire vient de proclamer toutes les libertés nécessaires, entre autres la liberté des cultes. Sur quoi, certains catholiques s'écrient : tout est perdu. — Non. tout n est pas perdu, répond Montalembert, et il répète ce qu'il a déjà affirmé au Congrès de Malines, ce qui est resté malgré tout son opinion inébranlable , à savoir qu'il n'est plus donné à personne d'arracher du monde moderne le principe de la liberté de conscience et qu'il est indispensable aux catholiques de l'accepter et de s'y accommoder.
Cela dit, il se retourne vers les ministres espagnols, quir après avoir ainsi proclamé bruyamment la liberté des cultes, se sont empressés de la violer en ordonnant la suppression des Jésuites et la confiscation de leurs biens. Montalembert élève contre cette tyrannie révolutionnaire une éloquente protestation. Il ne s'indigne pas moins vivement contre les démocrates français, qui au mépris de leurs déclarations réitérées sur la liberté de conscience, au mépris des croyances, des affections et des besoins de la majorité de leurs concitoyens, prodiguent aux persécuteurs espagnols des applaudissements passionnés. Ces pages vibrantes forment, pour ainsi dire, le cœur du travail de Montalembert; elles sont malheureusement plus actuelles que jamais. Nous n'en citerons que les dernières lignes :
Ce qui console, c'est la profonde inutilité de toutes ces violences, l'impuissance dérisoire et la confusion définitive de tous ces tyranneaux et
Dl l ENSE DES ORDRES RELIGIE1 \. 441
de tous ces persécuteurs. Car l'expérience es! là pour le prouver, on aura beau les chasser, les dépouiller et les proscrire, aujourd'hui en Espagne ou demain en France; après demain les congrégations religieuses reviendront comme elles sont déjà revenues partout et toujours. Puisqu'elles sont aujourd'hui parmi nous plus nombreuses, plus ferventes, plus actives de beaucoup qu'elles ne l'étaient avant la Révolution française, et cela sans impulsion du pouvoir, sans protection, sans fracas, par la simple et naturelle évolution des choses, qui pourrait douter de l'avenir?... Si la Révolution française n'a pas réussi à détruire l'Eglise et ses institutions essentielles, vous, pygmées, vous n'y réussirez pas davantage ! —
'T. est à la liberté que toutes ces violences et ces folies nuisent le plus; c'est à la démocratie, cette forme si naturelle, si simple et si légitime de la liberté moderne... Sachez-le bien, tant que ladémocratie française n'aura pas flétri et désavoué de tels hommes et de tels principes, elle méritera tous les affronts, tous les déboires qui ont déjà trop souvent fait de son histoire la risée à la fois des habiles et des simples de ce monde... La simple menace, mais la menace trop fondée de leur triomphe possible, suffit pour allumer toutes les paniques... Persécuteurs affichés de la conscience chrétienne, comme de toute religion révélée, c'est vous qui jetez les peuples sous le talon des autocrates, des conquérants à l'intérieur. Vous avez beau vous associer à la réprobation des âmes libérales contre les dixhuit brumaire et les deux décembre, vous faites sourire de pitié, car c'est vous qui rendez ces journées inévitables et ces dictatures triomphantes; c'est vous qui en êtes les précurseurs et les véritables auteurs, en condamnant les nations à l'affreuse alternative du despotisme ou du terrorisme sacrilège... Séparez-vous ouvertement de la liberté, comme la liberté se sépare de vous. Vous en êtes les vrais, les pires, ies éternels ennemis.
Montaiembert s'adresse ensuite aux catholiques; il s'adresse aux Jésuites, non pas à ceux de France et de Belgique auxquels il porte le plus tendre intérêt, mais aux Pères de la Civiltà cattolica. Par quelle étrange aberration, ces religieux, ayant un si pressant besoin de liberté, déclarent-ils chaque jour « qu'il n'y a pas de liberté moderne qui ne soit en elle-même une chose déréglée, pernicieuse et mortelle en ses effets; que la liberté, non pas la liberté absolue et illimitée, mais toute liberté en soi, est une peste, une peste spirituelle et bien plus funeste que la peste corporelle : le tout assaisonné de citations, de définitions et dissertations théologiques, que l'on a parfaitement résumées, en bon français, ainsi qu'il suit : il n'y a pas de- liberté saine, toute liberté
m MONTALEMBERT.
est une maladie : il n'y a pas de liberté sage, toute liberté est un délire, etc. »
Ces déclarations sont au moins parfaitement maladroites, ajoute Montalembert; mais c'est précisément cette maladresse qui les excuse et qui les sauve. Ils savent sans doute ce qu'ils disent, mais ils ne savent certainement pas ce qu'ils font. S'ils avaient l'ombre de prévoyance, je ne dis pas de cette politique profonde et calculatrice que leur attribue le vulgaire, mais de ce bon sens qui sait simplement ouvrir les yeux sur ce qui se passe dans un monde où, après tout, on tient beaucoup à vivre et à prospérer, ils seraient les derniers à professer de telles doctrines et à se créer de tels antécédents. Le passé, un passé si rapproché, aurait pu et dû les éclairer, en attendant les leçons, les dangers, surtout les besoins d'un très prochain avenir. Si un seul Jésuite, tant soit peu accrédité à Rome, s'était exprimé de 1848 à 1850 comme la Citnltà de nos jours, on peut être bien sûr que pas un seul collège de Jésuites n'eût été ouvert en France, et, -4n outre, que pas un soldat français n'eût marché pour rétablir le pouvoir J temporel a Rome. — Voilà pour le passé; et quant à l'avenir, sans se Xposer en prophète, on peut affirmer que plus d'un Jésuite des deux mondes versera des larmes amères, en retrouvant sur le chemin de la Compagnie les paees que leurs confrères romains viennent d'imprimer dans leur journal officiel...
En terminant, Montalembert signale aux catholiques les nuages menaçants qui s'amoncellent à l'horizon. Ce n'est pas seulement en Espagne et en France, c'est partout que l'esprit révolutionnaire reprend ses anciennes allures d'aversion et d'hostilité contre la religion. Ce qui se fait n'est encore rien auprès de ce qui se prépare. Les choses ont bien changé depuis 18i8. et la responsabilité terrible de ce changement incombe pour une bonne part « aux publicistes et aux journalistes catholiques qui, en Espagne comme ailleurs, depuis la résurrection de l'empire napoléonien, n'ont pas cessé de
(proscrire et de renier, avec une opiniâtre étourderie, toute autre liberté que la leur, et de prêcher la renaissance du ! pouvoir absolu, au nom d'une théologie surannée et d'une i histoire frelatée ».
Il est temps d'ouvrir les yeux et les oreilles. Si vous réclamez franchement, loyalement, la liberté pour tous, vous pourrez peut-ètrel'obtenirpour vous-mêmes. Si vous ne voulez pas du droit commun, si vous réclamez un droit primordial et privilégié, soyez sûr qu'on vous écoutera très volon-
DERNIERS CONSEILS \i\ CATHOLIQ1 ES. 443
Le rationalisme impie ne demande que cela. Seulement on appliquera le privilège, Don pas [mur vous, mais contre vous. Pendant que loul le monde sera admise réclamer ou à exercer le droit commun, on fera une exception mais à votre détriment exclusif, et cette exception sera motivée et justifiée par celle que vous avez vous-même commencé par ■ n ndiquer à votre profit.
Voila la vérité, toute la vérité ! Pour la dernière fois de sa il
vie, Montalembert vient de la proclamer, « sans espoir et sans 1
peur », et il en éprouve une joie véritable. Gaudium de ve- »*
rit a te!
La vérité! conclut-il, qu'il est doux de l'aimer dans ses vieux jours, et de la servir avec une passion encore plus désintéressée que dans sa jeunesse! Quand j'étais jeune, je défendais passionnément ce que je croyais juste et vrai; mais en rêvant toujours la lutte, le bruit, la publicité, et pourquoi ne le dirais-je pas? ]a gloire. Aujourd'hui, refoulé dans l'obscurité, l'inaction et l'oubli, confiné dans mon sombre coin, tête à tète avec une infirmité implacable, je sens que j'aime la vérité plus passionnément que jamais. Je l'aime pour elle-même, comme on aime d'amour une personne (1). Mon dernier efïbrt, mon dernier soupir sera pour elle. Pour la vérité éternelle d'abord, celle que la seule vraie religion possède et proclame. Puis aussi pour la vérité humaine, la vérité qui est la condition et la garantie de l'équité dans les choses humaines, mais qui a encore plus besoin que la vérité religieuse d'être servie, défendue, comprise par les pauvres humains même caducs et infirmes
comme moi.
Hélas! il faut bien l'avouer, il était très difficile alors de faire entendre aux catholiques certaines vérités, et il était très dangereux de les'proclamer. Depuis quelques années, une sorte de terreur religieuse, la terreur noire, paralysait les catholiques du Correspondant. En apprenant que Montalembert allait écrire sur les événements d'Espagne, Mgr Dupan- / loup et M. Foisset l'avaient conjuré de n'en rien faire. Il refusa de les écouter.
On ne doit, selon vous, rien prévoir ni rien prédirç. Ça été de ma part un crime et une folie, à propos du refus de tout budget par le clergé
(1) Madame Swetchine.
catholique irlandais, d'avertir les catholiques français qu'un jour viendrait où leur propre budget pourrait bien leur être refusé. Vous ne croyez pas qu'autre chose soit permis que de gémir entre soi et d'inonder ses amis d'un déluge de lettres confidentielles et plaintives. Ce système se réduit pour vous à trembler et à pleurer en silence dans une antichambre ou dans une sacristie. Ce n'est pas le mien. (1)
Mais quand Montalembert communiqua à ses collègues du Correspondant son manuscrit de trois cents pages, ils refusèrent unanimement de l'insérer. Réveiller en ce moment, di- ■ » paient- ils, les doctrines du Congrès de Malines serait une 1 Souveraine imprudence. Voulez-vous provoquer une encycli- \\ue nouvelle qui, cette fois, n'épargnerait pas nos personnes? Voulez-vous faire excommunier définitivement la liberté et faire condamner le Correspondant que vous avez relevé en 1855? Voulez-vous terminer votre glorieuse carrière par une mise à l'Index? Nous en serions inconsolables pour vous et plus encore pour l'Église. Notre douleur est commune « de voir une autorité qui nous est sacrée et pour laquelle nous avons combattu toute notre vie, désavouer tout ce que nous avons fait pour l'amour et le service de l'Église et s'engager de plus en plus dans une voie qui, suivant notre façon de voir, accule la religion dans une impasse et la réduit à une impuissance absolue à l'endroit des sociétés humaines. (2) » Mais nous ne pouvons en ce moment faire autre chose qu'endurer et espérer.
Cette décision, inspirée par l'amitié la plus clairvoyante, justifiée par les plus sages raisons, fut profondément douloureuse à Montalembert. Il s'indigna, il se rebiffa avec véhémence, comme un vieux capitaine auquel on déroberait ses armes pour l'empêcher de livrer une bataille inégale et perdue d'avance. Ses lettres à MM. de Falloux, de Broglie, Foisset, et Cochin débordent à ce sujet de reproches éloquents, mais injustes. Il déclare qu'il se retire du Correspondant; il exige que cette séparation soit rendue publique. Ses amis répondent par des supplications pleines de tendresse.
(\) Montalembert à Foisset, 23 novembre 18b8. (2) Foisset à Montalembert, 1868.