‹ Montalembert et Louis VeuillotChapitre 1 sur 4 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

En fait, la plus catholique des deux est celle qui accuse une harmonie plus parfaite avec l'esprit du Christ. Je m'assure que cette proposition ne saurait être contestée par aucun de ceux qui croient que Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, est la pierre angulaire et le chef invisible de l'Eglise, dont le pape, son vicaire, est le chef visible.

11 ne reste donc qu'à déterminer si c'est dans l'école catholique libérale ou dans l'école ultramontaine que se rencontre au plus haut degré le véritable esprit chrétien.

Or, à qui demanderons-nous la définition du véritable esprit chrétien si ce n'est au Christ lui-même, au Christ qui a seul « les paroles de la vie éternelle »? Et ne l'a-t-il pas défini très clairement, cet esprit, lorsqu'il a dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toutes tes forces, voiJà le premier commandement; et voici le second, qui est semblable au premier : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Ces deux commandements renferment toute la loi et les prophètes. »

Qu'est-ce à dire, sinon que le véritable esprit chrétien est essentiellement et exclusivement un esprit de charité? Aimer Dieu, aimer ses frères pour l'amour de Dieu, tout est là.

Nul n'a mieux mis en lumière cette vérité fondamentale que l'apôtre saint Paul dans le chapitre xue de sa première épitre aux Corinthiens : m Aspirez aux dons supérieurs. Aussi bien vais-je vous montrer une voie excellente entre toutes. Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité je suis un airain qui résonne et une cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie, que je connaîtrais tous les mystères, et que je posséderais toute science ; quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mai bieni pour la nourriture des pauvres, quand je

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