LES DEUX ÉCOLES 'VII
livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité tout cela ne me sert de rien... La charité ne passera jamais. S'agitil des prophéties, elles prendront fin ; des langues, elles passeront; delà science, elle aura son terme. Car nous ne connaissons qu'en partie, et nous ne prophétisons qu'en partie; or, quand sera venu ce qui est parfait, ce qui est partiel prendra fin... maintenant ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance, la charité ; mais la plus grande des trois c'est la charité. »
Donc aimer Dieu, aimer ses frères pour l'amour de Dieu, voilà ce qui importe par-dessus tout; voilà, au témoignage et selon l'expression même de l'apôtre, « la voie excellente entre toutes ».
La plus catholique des deux écoles dont noua parlons est donc celle qu'inspirent davantage ces deux amours qui sont en réalité le même amour.
11 me semble bien que poser ainsi la question, — et pourrait-on en bonne logique la poser autrement? — c'est la résoudre ; c'est la résoudre au profit de l'école catholique libérale. Non sans doute que celle-ci ait le monopole de la charité, mais parce qu'à tout le moins dans l'ordre le plus essentiel des manifestations extérieures de cette vertu qui est, comme nous venons de le voir, la pierre de touche du plus authentique catholicisme, entendez l'ordre de l'apostolat, la supériorité de l'école catholique libérale sur l'école ultramontaine s'affirme au double point de vue de la doctrine et de l'action.
Au point de vue de la doctrine : parce que sans méconnaître la nécessité de la pratique des autres vertus, naturelles ou surnaturelles, elle fait passer la charité avant tout, et qu'il n'y a donc pas à ses yeux de devoir plus impérieux pour le catholique, et plus pressant, que de répandre la « bonne nou-