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CHAPITRE III

Le combat de Carillon.

Le 7 juillet, dès 3 heures du matin, MM. de Pontleroy et Desandrouins guidèrent, dans la reconnaissance du tracé des retranchements, les officiers-majors de La Reine, Béarn, Guyenne, Royal-Roussillon, Languedoc, La Sarre et 2e bataillon de Berry (le 3e demeurant chargé de la garde du fort). Chaque bataillon eut en partage 127 pas. Le retranchement, en crémaillère, devait suivre les sinuosités du terrain. Son front avait un développement de 300 toises, auxquelles s'ajoutaient un retour de 430 toises, le long de l'escarpement de droite, et un autre, de 60 toises, le long de l'escarpement de gauche (1).

Vers 5 heures, les bataillons s'établirent sur le terrain qui leur était assigné. Tandis que les compagnies de grenadiers et les volontaires se portaient en avant pour couvrir les travailleurs, ces derniers plantaient leurs drapeaux sur l'ouvrage et s'employaient, avec la meilleure volonté, les uns à creuser l'excavation du fossé, les autres à abattre les arbres de la lisière de la forêt, éloignée seulement de 100 toises, et à les traîner, à force de bras, jusqu'au retranchement, ne laissant que les souches et les troncs pour embarrasser l'approche

(\) Voir le plan du fort Carillon.

des ennemis. « Les officiers eux-mêmes, la hache à la main, donnaient l'exemple (1) ». Montcalm passait au milieu des rangs, encourageant les travailleurs et leur communiquant la bonne humeur et la confiance qu'ils lisaient sur son visage. Les ingénieurs de Pontleroy et Desandrouins n'étaient « occupés qu'à animer le soldat au travail, à lui expliquer la manière d'arranger les arbres et les branches, et surtout à faire sentir aux vieux soldats l'excellence de notre position appuyée, aux deux ailes, à deux escarpements et n'ayant pas 300 toises de front, malgré le contour des retranchements. Ils écoutaient fort attentivement ce dernier article et prenaient confiance (2) ».

Grâce à l'activité de tous, le retranchement s'éleva comme par enchantement. « L'armée y travailla avec une telle ardeur incroyable, dit Montcalm dans son Journal, que la ligne se trouva, le soir même, en état de défense (3) ». Il n'y manquait plus que des traverses pour se couvrir du feu d'enfilade. Le parapet était constitué par des corps d'arbre et les terres de l'excavation du fossé. En avant de ce dernier, d'importantes défenses accessoires étaient constituées par des arbres placés perpendiculairement à l'excavation, « dont les branches coupées et appointées produisaient l'effet de chevaux de frise (4) ». La trouée, large de 80 toises, qui s'étendait de l'escarpement de gauche à la rivière de la Chute, était barrée par une coupure,

(1) Journal du marquis de Montcalm, p. 395.

(2) Le maréchal de camp Desandrouins, p. 168.

(3) Journal du marquis de Montcalm, p. 396. — « Les officiers encourageaient les soldats par leurs exemples, travaillaient eux -même;*, de sorte que, le soir même, on fut en état de recevoir l'ennemi ». Journal des campagnes du maréchal de Lévis (à la date du 8 juillet 1758), p. 134.

(4) Journal du marquis de Montcalm, p. 395.

dont la garde devait être confiée aux compagnies de volontaires de Duprat et de Bernard. Cette coupure, située en arrière du retour de gauche du retranchement, en était flanquée avantageusement.

Dans la plaine, large de 300 à 350 toises, en partie déboisée, qui s'étendait entre l'escarpement de droite et la rivière Saint-Frédéric, un abatis avait été également commencé. La défense de cet abatis, placé en arrière du retour de droite du retranchement et sous la protection du canon du fort, était confiée aux 450 Canadiens et soldats de la marine, seuls renforts que Montcalm avait encore reçus depuis son arrivée à Carillon quand, dans la soirée du 7, entre 6 et 8 heures, nos bataillons saluèrent de leurs acclamations l'arrivée des six piquets de M. de Lévis, qui avaient « fait la plus grande diligence, marchant jour et nuit, malgré les vents contraires, pour joindre leurs camarades qu'ils avaient su à la veille d'être attaqués. Aussi furent-ils reçus de notre petite armée avec la même joie que les légions de Labiénus le furent par ces cohortes romaines bloquées, avec Quintus Cicéron, par un essaim de Gaulois (1) ».

C'était M. Pouchot, capitaine au régiment de Béarn, qui conduisait les premiers piquets débarqués à Carillon. Tenu au courant de l'approche des Anglais par la rencontre des courriers que Montcalm dépêchait à M. de Yaudreuil, M. Pouchot n'avait accordé, le 6, que quatre heures de repos à sa troupe qui, faute de vent, venait de faire vingt-quatre heures à la rame sur le lac Champlain (2). Elle ne s'en était pas moins remise joyeusement en route, le 7, aux premières lueurs du

(1) Journal du marquis de Montcalm, p. 396.

(2) Pouchot, Mémoires sur la dernière guerre de V Amérique septentrionale, t. I, p. 136.

jour, oubliant sa fatigue et n'ayant qu'une préoccupation, celle d'arriver à temps pour le combat.

Si les piquets de M. de Lévis furent accueillis avec joie, ils éprouvèrent aussi un sentiment de surprise et d'admiration en rejoignant nos bataillons et en apercevant « un plan de retranchement bien tracé pour la figure du terrain et un travail prodigieux (1)». D'un autre côté, la présence de ces officiers et de ces soldats d'élite acheva de dissiper l'impression fâcheuse qu'avait pu causer dans quelques esprits l'échec de M. de Trépezec, et ce résultat fut atteint d'autant plus facilement que les nouveaux arrivants annonçaient le débarquement prochain, dans la nuit, de MM. de Lévis et de Senezergues, qui les suivaient à quelques heures de distance. A lui seul, le chevalier de Lévis, adoré des troupes, était un renfort précieux dont Montcalm, plus que personne, connaissait tout le prix.

Durant la journée du 7, nos compagnies de volontaires avaient exactement renseigné Montcalm sur les mouvements des Anglais. Par elles, il avait su que l'ennemi était venu occuper en force notre ancien camp de la-Chute, sur la rive gauche de la rivière, à moins de trois quarts de lieue de Carillon. Abercromby, reconnaissant son erreur de la veille, s'était en effet décidé à suivre le chemin plus facile du Portage et à faire occuper, dans la matinée du 7, le moulin à scie par le lieutenant-colonel Bradstreet « avec le 44e régiment, 6 compagnies du 1er bataillon de Royal- Américain, les mariniers et un corps de chasseurs et des milices des provinces (2) ».

(1) Pouchot, Mémoires sur la dernière guerre de l'Amérique septentrionale, t. I, p. 137.

(2) Abercromby à Pitt, 12 juillet 1758 (Gazette extraordinaire de Londres) .

Vers midi, le lieutenant-colonel Bradstreet avait accompli sa mission sans résistance et rétabli le pont que les Français avaient détruit la veille. Ne laissant qu'un faible détachement pour garder ses bateaux, Abercromby rejoignit son avant-garde et s'établit sur la rive gauche de la rivière de la Chute (1). Il fit aussi exécuter le portage de quelques berges et de plusieurs pontons, armés de deux pièces de canon, dans l'espoir de les faire coopérer à l'attaque qu'il projetait de diriger par terre contre la position de son adversaire.

A ces mouvements, Montcalm né douta plus qu'il serait attaqué le lendemain. Malgré la disproportion du nombre, il vit approcher cette heure sans crainte, car la force de sa position, jointe à la valeur de ses troupes, lui permettait maintenant d'espérer l'heureuse issue de la bataille où se joueraient les destinées du Canada.

Le 7, au soir, Montcalm fît lire aux troupes l'ordre où il leur avait tracé, de main de maître, ses instructions pour la défense des retranchements :

« Vive le Roi !

« Les troupes tenteront à portée de leurs retranchements. Les compagnies étant faibles, elles camperont sous deux tentes par compagnie. Il y en aura une troisième, par compagnie, pour les officiers.

« Chaque officier-major verra à reconnaître les ruisseaux et fontaines qui peuvent être derrière le camp et oeuvent procurer de l'eau aux soldats.

a Les grenadiers rentreront dans leur camp à l'entrée ie la nuit. Les grand'gardes se replieront et se tiendront sur le bord du retranchement, tenant de petits postes en avant

(1) Abercromby à Pitt, 12 juillet 1758 (Gazette extraordinaire de Londres).

(( Les Canadiens et troupes de la colonie seront fort attentifs sur ce qui se passe à droite, dans la trouée qu'ils doivent garder.

« Les officiers et soldats coucheront, dans leurs tentes, tout habillés

« Comme les sept bataillons prendront les armes dès la pointe du jour, on donnera l'ordre pour le travail de demain. Il est nécessaire que les soldats qui travaillent aux ouvrages utiles, comme boulangers, armuriers, continuent. Ils seront nécessaires au service et servent également le Roi

« Les troupes seront bien aises d'apprendre que M. le chevalier de Lé vis sera ici demain matin et que, d'ici à trois fois 24 heures, il y aura une augmentation de 3,000 hommes et de 300 sauvages. Ainsi il n'est question que de confiance, courage et fermeté. M. le marquis de Montcalm attend cela de ses troupes, et il leur procurera toutes récompenses et avantages qu'on doit attendre d'une bonne manœuvre.

« On ne saurait trop prévenir les soldats que la grande faute des troupes de terre est de se presser de fusiller sans ajuster: il en résuite que les munitions se consomment promptement, et que, l'ennemi continuant à tirer, le découragement prend le soldat. MM. les officiers tiendront la main à un article aussi important et qu'on ne saurait trop répéter. Ils verront de laisser tirer le soldat à son aise et de l'exhorter à bien ajuster

« Les bataillons se mettront en bataille à la première alerte. Lorsqu'ils seront formés, on fera rester de pied ferme les compagnies de grenadiers et les piquets, mais les bataillons marcheront en avant et borderont les retranchements. Ils mettront leurs soldats un peu plus épais aux angles flanqués des redans.

« Les volontaires se porteront aux issues ou sorties des retranchements pour faire des sorties lorsqu'on leur en donnera l'ordre.

« Les compagnies de grenadiers se porteront, si le cas l'exige, à la défense des parties de leurs bataillons où ils verront l'ennemi faire des progrès, et feront des sorties si on le leur ordonne.

« Les bataillons qui ne seront pas attaqués porteront secours, de leurs grenadiers et piquets, à ceux qui seront poussés trop vigoureusement.

« Les Canadiens, campés dans la trouée ou bas-fond, marcheront en avant en s'éparpillant derrière les arbres pour soutenir cette partie ; et, s'ils sont dans la nécessité de se retirer, ils se retireront en arrière en s'appuyant cependant un peu sur la droite du régiment de La Reine.

« MM. les commandants de bataillon feront usage de leurs talents et de leur expérience dans les circonstances qu'on ne peut prévoir.

« Il est de la dernière conséquence de soutenir, jusqu'à la dernière extrémité, les retranchements.

« Quand il y aura quelque ordre à faire passer pendant l'attaque ou quelques demandes à faire, elles ne seront portées que par un officier, que chaque commandant de bataillon enverra pour cela.

« Il sera défendu de faire des demandes en faisant passer les paroles.

« Chaque commandant aura un officier près de lui.

« Chaque brigade enverra un officier d'ordonnance, au commencement de l'action, à M. le marquis de Montcalm.

« Il sera porté des munitions à chaque bataillon.

« M. de Bourlamaque se charge de la droite.

« Les gardes seront postées demain matin, en avant des retranchements, à 150 pas des abatis. La nuit, elles feront faire des patrouilles très fréquentes et donner des signaux muets.

« Les gardes du camp seront postées sur le bord des retranchements, au centre de chaque bataillon.

« M. de Bourlamaque réglera le nombre des détachements qui seront dehors (1) ».

L'arrivée du chevalier de Lévis n'apporta que de légers changements à ces dispositions. Montcalm lui réserva le commandement particulier de la droite, laissant à M. de Bourlamaque celui de la gauche, et gardant pour lui-même celui du centre.

Le 8 juillet, dès 5 heures du matin, les troupes, couvertes par les gardes ordinaires et trois compagnies de grenadiers, avaient gagné leurs emplacements de combat, dans l'ordre suivant (2) : les Canadiens et les soldats de la marine à l'extrême droite, derrière l'abatis de la grande trouée; La Reine, Béarn et Guyenne, derrière la droite du retranchement ; Royal-Roussillon, le 2e bataillon de Berry et quatre des piquets arrivés la veille avec M. de Lévis, au centre; les deux derniers piquets de M. de Lévis, Languedoc et La Sarre, à la gauche ; les compagnies de volontaires de Bernard et de Duprat défendant la coupure de la trouée, à l'extrême gauche. Chaque bataillon devait avoir derrière lui, en bataille et prêts à le soutenir, sa compagnie de grenadiers et un piquet. Le 3e bataillon de Berry, demeuré à la garde du fort, avait pour mission spéciale d'assurer le ravitaillement, en munitions, des combattants. Seule, sa compagnie de grenadiers avait été appelée sur la ligne de feu et placée en réserve, au centre.

L'effectif total de la petite armée de Montcalm atteignait seulement 3,500 combattants (3).

(4) Le maréchal de camp Besandrouins, p. J69 et suiv.

(2) Voir le calque donnant la Position des troupes françaises au combat du 8 juillet 1758.

(3) Dans son Journal, p. 397 et 398, Montcalm établit ainn la composition de son armée, le 8 juillet :

Sous la protection des gardes avancées, les bataillons continuèrent à perfectionner leurs retranchements. Montcalm se disposait même à faire établir une batterie de six pièces à 150 ou 200 toises en arrière des volontaires de Duprat et de Bernard, mais son adversaire ue devait point lui laisser le temps d'achever ces travaux.

Vers 10 heures du matin, un détachement ennemi, composé de troupes légères et de sauvages, parut sur la

n . , , T . / La Reine 345

Brigade de La l^ 4]Q

Reine I n .__

( Guyenne 470

firigade de Royal- ( Royal-Roussillon 480

Houssillon. . . . ( Le 1er bataillon de Berry . 450

Brigade de La C La Sarre 460

Sarre ( Languedoc 426

2e bataillon de Berry détaché pour la garde du fort de

Carillon, excepté la compagnie de grenadiers qui a ser\i

dans la ligne et faisait 50

Troupes de la marine 1S0

Canadiens 250

Sauvages 15

Total 3,306

Dans sa lettre au marquis de Vaudreuil, du 9 juillet 1758, Montcalm donne à peu près les mêmes chiffres, « 2,900 combattants de nos troupes et 400 Canadiens ou soldats de la colonie », ce qui n'empêche pas le gouverneur du Canada d'écrire, avec une exagération voulue, dans sa Relation adressée au Ministre de la marine, le 28 juillet : « L'armée consistait (le 8 juillet) à 4,760 hommes, savoir 3,500 des troupes de terre, 50 canonniers, 326 soldats des troupes de la marine, 844 Canadiens et 40 sauvages. Je comprends dans ce nombre les troupes destinées a la défense du fort, les différents ouvriers du génie et de l'artillerie qui servirent très utilement au transport des munitions, mais je ne fais pas mention des officiers ni de leurs domestiques » (A. M. C, collection Moreau de Saint-Méry, vol. 13).

Comme on s'était plu à répéter, à Montréal, que 1,800 Canadiens ou soldats de la marine avaient pris part au combat du 8 juillet, Mont-

rive droite de la rivière de la Chute, couronnant le sommet et le flanc d'une montagne d'où il apercevait, de revers, nos retranchements. L'ingénieur en chef de l'armée anglaise, le sieur Clerck, accompagnait cette reconnaissance. L'ennemi engagea une vaine fusillade avec nos compagnies de volontaires postées sur la rive opposée, et, comme la plupart des balles tombaient dans la rivière, nos troupes cessèrent de lui répondre et poursuivirent leurs travaux.

Ces sauvages appartenaient aux cinq nations iroquoises. Ils étaient arrivés la veille au nombre de 500, conduits par le colonel Johnson, le même officier qui avait fait prisonnier M. de Dieskau en 1755. Après avoir pris part à cette escarmouche, ils devaient se contenter de rester spectateurs, sur les derrières de l'armée anglaise, des événements de la journée,

Abercromby savait, par les rapports des prisonniers du détachement de M. de Trépezec, que Montcalm atten-

calm détruit saus peine cette assertion dans cette note de son Journal, à la date du 31 juillet 1758 :

« État des soldats de la colonie et des miliciens qui étaient à Carillon le 8 juillet, à midi :

Arrivés le 1er juillet 110

Avec M. de Raymond, capitaine de la colonie, le 3.. . . 118 Avec MM. de la Naudière, de Saint-Ours et de Gaspé,

capitaines, le 5 180

Avec M. de Gannes, capitaine, le 6 183

Total 591

« Sur quoi il faut défalquer environ 140 hommes malades, détachés pour ramener des bateaux à Saint-Jean, tués ou pris au combat du 6. Restent 451 soldats de la colonie ou Canadiens, lorsque l'affaire du 8 a commencé.

« Le 8, à 4 heures du soir, est arrivé M. Duplessis avec 85 hommes, Boisvert, commis du munitionnaire, avec 168; une grande partie s'est portée sur le champ de bataille. Il y a bien loin de ce nombre à celui de 1,800 ».

dait, d'heure en heure, des secours en soldats de la marine, Canadiens et sauvages. Impatient de prévenir l'arrivée de ces renforts et de ne point laisser à son adversaire le temps de perfectionner ses travaux, le général anglais avait chargé Clerck de voir si l'attaque des retranchements français paraissait praticable. Sur la réponse favorable de l'ingénieur et sans attendre son artillerie, Abercromby mit aussitôt son armée en branle. Il ne laissa au camp de la Chute qu'un régiment de milice et se porta en avant, avec plus de 13,000 hommes (1). Un rideau de tirailleurs, fournis par des tireurs d'élite, de l'infanterie légère et les coureurs des bois, précédait l'armée qui déboucha de la forêt, vers midi et demi, face à nos retranchements. Elle était formée sur quatre colonnes, piquets et grenadiers en tête (2).

A l'approche des ennemis, nos gardes avancées se

(1) Si Montcalm se trompe, avec toutes les relations françaises du temps, sur l'évaluation de la force totale de l'armée anglaise qu'il porte à 25,000 hommes, il est moins éloigné de la vérité en estimant à 14,000 hommes les troupes qu'il a eues à combattre le 8 juillet. Dans sa lettre à M. de Vaudreuil, du 9 juillet (A. H. G., vol. 3498), il détaille ainsi les troupes qui ont attaqué :

Hommes.

Écossais montagnards 1 ,000

Royal-Américain 2,000

Grenadiers des quatre autres régiments de troupes

réglées 400

Piquets (idem) 480

Volontaires 1 , 200

Provinciaux 8,920

Total 44,000

(2) Nous avons suivi la version la plus répandue, celle de Montcalm, Lévis, Desandrouins, Malartic, etc., qui attribuent quatre colonnes aux ennemis. MM. de Lotbinière, de la Pause, ne mentionnent que trois colonnes. Il en est de même du plan joint à la lettre de M. de Vaudreuil, du 4 août 1758, que nous avons reproduit.

Si MONTCALM AU COMBAT DE CARILLON

replièrent en bon ordre. Sur un coup de canon du fort, servant de signal, les travailleurs abandonnèrent leurs outils pour reprendre leur place dans les bataillons qui garnirent, sur trois rangs de hauteur, le parapet des retranchements, après avoir laissé leurs piquets et leurs grenadiers en réserve derrière eux.

Montcalm, habit bas en raison de la chaleur, se tenait au centre, ayant à ses côtés M. de Montreuil, major général, M. de Bougainville, nommé depuis quelques jours aux fonctions d'aide-major général, MM. de la Rochebeaucourt et Marcel, ses aides de camp, enfin M. Desandrouins qui, sa tâche d'ingénieur terminée, avait sollicité l'honneur d'être attaché pendant le combat à la personne de son général.

Abercromby avait ordonné à ses troupes « de marcher vivement, de s'élancer au milieu du feu de l'ennemi et de retenir le leur jusqu'à ce qu'ils eussent pénétré dans les ouvrages mêmes (1) ».

Tandis que la colonne de droite des Anglais essayait de tourner la gauche de nos retranchements et venait tomber sous le feu du régiment de La Sarrevune deuxième colonne attaquait un des saillants de la ligne entre Languedoc et Berry. Une troisième se dirigeait vers le centre, face à Royal-Roussillon et à Guyenne. Enfin la colonne de gauche abordait le front occupé par Béarn et La Reine.

Avant d'atteindre les abatis, les colonnes anglaises furent accueillies par un feu meurtrier. Les fractions de tête s'arrêtèrent, ouvrirent le feu à leur tour, et, sous la protection de cette fusillade et de celle des tireurs d'élite qui, « cachés derrière les souches et les troncs d'arbre,

(i) Abercromby à Pitt, 12 juillet 1758 (Gazette extraordinaire de Londres).

farcissaient l'entre-deux et les ailes de ces colonnes (1) », les troupes qui les suivaient tentèrent à plusieurs reprises d'aborder les abatis, mais « le feu de notre mousqueterie était si bieu dirigé que les ennemis étaient détruits à mesure qu'ils paraissaient (2) ». Les attaques vigoureuses de l'assaillant furent partout brisées par le tir nourri et bien ajusté du défenseur. Conformément aux instructions de Montcalm, nos soldats avaient été laissés libres de tirer à volonté, genre de feu où le Français excellait. Les officiers se bornaient à surveiller la direction de ce feu et la consommation des munitions. Durant tout le combat, leur tâche fut facilitée « par la bravoure des troupes, qui ne s'occupaient qu'à tirer bien à propos et à bien ajuster tout ce qui se montrait (3) ». « Impossible, écrit l'ingénieur Desandrouius, de trouver plus de sang-froid et de bravoure qu'on en vit ce jour-là dans le soldat. J'ai été témoin qu'aucun ne tirait son coup sans viser son homme, et que la plupart attendaient souvent un assez long temps de voir paraître un tirailleur posté derrière une souche pour ne pas le manquer, quoique les balles pleuvassent dru comme grêle (4) ».

(1) Journal de Desandrouins dans : Le maréchal de camp Desandrouins, p. 175.

(2) Relation de ce qui s'est passé en Canada, du commencement de la campagne au S juillet, jour de l'a/faire des abatis, jointe à la lettre de M. de la Pause à M. de Crémilles, du 14 juillet 1758 (A. H. G., vol. 3498).

(3) Journal de M. de Malartic (A. H. G., vol. 3499, pièce 191).

(4) Le maréchal de camp Desandrouins, p. 176. — Pour caractériser l'action du 8 juillet, Monlcaltu dit, dans sa lettre au maréchal de Belle- Isle, du 12 juillet 1758, que « le feu a été de part et d'autre comme à la bataille de Parme », en 1734, où nos soldats avaient fait un si heureux usage du tir à volonté. Les relations du temps les représentent tirant, dans cette journée de Parme, « comme des chasseurs » et ne manquant presque jamais leur adversaire, au grand étonnement

Montcalm et ses lieutenants, MM. de Lévis et de Bourlamaque, attentifs à la marche du combat, renforçaient à propos, par les grenadiers et les piquets, les points tour à tour menacés par l'ennemi qui, repoussé en un endroit, reportait courageusement son attaque sur un autre, de sorte que « toutes les parties du retranchement furent attaquées successivement avec la plus grande vivacité (1) ». Les aides de camp de Montcalm lui rapportaient fréquemment des nouvelles de l'entrain et de la gaieté qui animaient les soldats au combat. Faisant allusion aux retards de M. de Vaudreuil dans Tenvoi des renforts, on les entendait qui criaient à haute

voix : « M. de Vaudreuil a vendu le pays, mais f ,

nous ne souffrirons pas qu'il le livre. Il nous a sacrifiés

pour nous faire couper les c , défendons-les. Vive

le Roi et notre général ! (2) ». Sur toute la ligne, les bataillons ne se montraient préoccupés que d'une chose, de savoir si leurs flancs étaient en sûreté. Dès qu'ils entendaient redoubler le feu de l'ennemi, on n'entendait qu'un cri : « Prenez garde à la droite, prenez garde à la gauche (3) ».

L'ingénieur Desandrouins, dépêché à plusieurs reprises par Montcalm sur la ligne de feu pour voir « si l'on avait besoin de secours », recevait partout la même réponse : « Nous n'avons pas besoin de secours ici, mais qu'on prenne garde si l'on (sic) n'aurait pas besoin ail-

des officiers ennemis qui ne connaissaient guère, pour leurs troupes, que le feu par pelotons et par salves.

(1) Pouchot, Mémoires sur la dernière guerre de l'Amérique septentrionale, t. I, p. 152.

(2) M. Doreil à Belle-Isle, Québec, 31 juillet 1758 (A. H. G., vol. 3498).

(3) Pouchot, Mémoires sur la dernière guerre de V Amérique septentrionale, t. I, p. 156.

leurs (1) ». Avec une admirable connaissance du cœur humain, Desandrouins criait tour à tour aux soldats de la droite et de la gauche, qui lui demandaient des nouvelles de ce qui se passait : « Dans l'autre aile, il y a plus de 1 ,500 Anglais le ventre en l'air : les autres sont en déroute, et leur colonne n'ose plus s'y montrer. Il n'y reste que de méchants tirailleurs derrière les souches, qu'on s'amuse à démonter». J'avais le plaisir aussitôt de voir paraître les plus vifs transports de joie et de les entendre s'animer au combat par les cris de Vive le Roi ! Arrivé dans une autre partie, je tenais de semblables propos, en appelant les vieux soldats par leur nom et leur disant : « Nous en aurons bon marché ; vous êtes tous braves et bons tireurs. Ils n'osent plus se montrer nulle part (2)». A plusieurs reprises, pendant le combat, des flammèches, provenant des bourres et des cartouches, mirent le feu aux abatis, mais il se trouva toujours des soldats de bonne volonté pour franchir le parapet à découvert et éteindre l'incendie à la vue des ennemis.

Quelques incidents, dignes de remarque, se produisirent pendant le combat. A notre extrême gauche, une vingtaine de berges et pontons de l'ennemi débouchèrent, presque au début du combat, du goulet de la rivière de la Chute, mais les volontaires de Duprat et de Bernard les fusillèrent au passage, de concert avec la compagnie de grenadiers et le piquet de Royal-Roussillon, aux ordres de M. de Poulhariès, qui s'étaient portés sur les bords de la rivière. Le canon du fort, habilement servi par M. de Louvicourt, lieutenant au

(1) Journal de Desandrouins dans : Le maréchal de camp Desandrouins, p. 179.

(2) Ibid., p. 178 et 179.

Corps royal, qui pointa lui-même les pièces, coula, en quelques volées, deux des pontons. Les autres embarcations ennemies fireot voile en arrière et ne reparurent plus de la journée.

Au centre, le bataillon de Berry, qui voyait le feu pour la première fois et qui était composé en grande partie de recrues, eut un instant de défaillance. Les soldats abandonnèrent même le parapet du retranchement ; mais, avant que les compagnies de grenadiers eussent besoin d'intervenir, les officiers ressaisirent leurs hommes et les ramenèrent « si promptement que l'ennemi ne s'en aperçut pas (1) ».

Au centre également, une méprise des deux adversaires faillit permettre aux Anglais d'aborder nos retranchements. Comme les enseignes du régiment de Guyenne agitaient leurs drapeaux chaque fois qu'ils entendaient crier Vive le Roi, les Anglais crurent à un signal de leurs adversaires qui offraient de se rendre. Ils coururent aux retranchements en tenant haut leurs armes et en criant : « Quarter, quarter ». De notre côté, les soldats, supposant aux Anglais les mêmes intentions, leur répondirent : « Armes bas, armes bas». « L'ennemi n'en faisant rien et avançant toujours, une bordée de coups de fusils fut tirée par nos gens qui avaient la moitié du corps élevée au-dessus du retranchement, et lui tomba de tous côtés de manière que peu durent en échapper (2) ».

(1) Journal de Desandrouius dans : Le maréchal de camp Desandrouins, p. 481.

(2) Ibidem, p. 180. — Dans ses Mémoires, t. I, p. 154 et 15o, le capitaine Pouchot donne de cet incident une version un peu différente. Suivant lui, un capitaine du régiment, de Royal-Roussillon, M. de Bassignac, avait arboré un mouchoir rouge au bout d'un fusil qu'il agitait, en signe de défi, au-dessus du retranchement. Les Anglais, s'étant mépris sur la signification de ce signal, se por-

A l'extrême droite, les Canadiens et les soldats de la marine ne furent pas attaqués. M. de Lévis leur dépêcha deux officiers de La Heine : M. d'Hert, aide-major, et M. Desnoës, capitaine, pour les engager à faire une sortie et à prendre en flanc la colonne de gauche des ennemis, mais il n'y eut jamais qu'un petit nombre de Canadiens qui suivirent M. de Raymond et leurs officiers. La plupart se contentèrent de fusiller de loin les ennemis, bien qu'ils eussent été renforcés, vers 4 heures, par 250 miliciens conduits par M. Duplessis, lieutenant, et Boisvert, commis du munitionnaire, lesquels, en débarquant à Carillon, étaient venus grossir le nombre des défenseurs de l'abatis de notre droite (1).

Pendant quatre heures, l'ennemi renouvela à plusieurs reprises ses attaques, qui furent « presque par-

tèrent au-devant du régiment de Guyenne, les armes haut. Nos soldats, croyant que les Anglais offraient de se rendre, les laissaient avancer sans défiance quand le capitaine Pouchot, jugeant, « à l'allure des ennemis, qu'ils pensaient bien différemment et qu'ils ne voulaient que joindre le retranchement, cria avec transport aux soldats : « Tirez, tirez ; ne voyez-vous pas que ces gens-là vont vous enlever ! » Les soldats, revenus subitement à eux par cette réflexion, leur font tous debout une décharge qui en jeta plus de 200 ou 300 à terré ».

(1) Il est vrai, comme le fait remarquer Bougainville, que les Canadiens, dont Montcalm disposait à Carillon, « n'étaient pas de la bonne espèce ». Il raconte, à peu près dans les mêmes termes que l'ingénieur Desandrouins, l'aventure arrivée à M. Nigon, brave officier des troupes de la marine, qui, ayant voulu faire une sortie à la tête de quelques Canadiens de bonne volonté, s'en vit abandonné à la première décharge. Cet officier, « blessé d'un coup de feu à la cuisse, trouva à peine qui le voulut ramener » (La Jeunesse de Bougainville, p. 106). — Desandrouins déclare nettement qu' « il n'y eut pas de vraies sorties. Le chevalier de Lévis a voulu se faire honneur d'une prétendue sortie qui n'a jamais eu lieu ; et, l'ayant débité à tout le monde, a jeté en grande erreur tous ceux qui n'étaient pas précisément avec lui » (Le maréchal de camp Desandrouins, p. 484). — Dans une lettre à son ami Doreil,

tout d'une égale vivacité (1) ». Vers 5 heures du soir, ses deux colonnes de gauche se réunirent pour tenter un suprême effort à l'angle saillant des retranchements défendu par la droite de Guyenne et la gauche de Béarn. « L'espace, attaqué par les deux colonnes, n'avait pas 20 toises d'étendue ; il n'était point défendu et était plongé ; l'ennemi en approchait à la demi-portée, à couvert (2) ». Les Highlanders qui, dans cette journée, n'avaient cessé de donner des preuves du plus grand courage, marchaient en tète de la colonne d'assaut. Ils parvinrent au pied de l'abatis, et Montcalm put craindre un moment que le retranchement ne fût forcé en ce point. Il y accourut de sa personne avec une partie des grenadiers et des piquets, tandis que le chevalier de Lévis, voyant sa droite hors de danger, faisait doubler à propos le bataillon de La Pieine sur ceux de Guyenne et de Béarn. L'ennemi, brisé dans son élan par le feu

du 14 juillet 1758, Montcalm développe les raisons pour lesquelles, dans sa relation officielle (A. H. G., \ol. 3498, pièce 138) et dans sa lettre à M. de Vaudreuil (même volume, pièce 140), il a cru devoir passer sous silence les marques de défaillance des Canadiens au cours du combat : « Je dois dire, pour la vérité, que les troupes de lacolouie et les Canadiens ont fait très médiocrement. M. de Trecesson, commandant, a été obligé de faire tirer sur quelques-uns qui abandonnaient leur poste. Dans les deux sorties ordonnées à la droite par M. le chevalier de Lévis, peu d'officiers, de soldats et de Canadiens,

sont sortis après des ordres donnés de sortir Cependant, en bon

serviteur du Roi, j'ai cru qu'il était du bien du service de m'en louer dans une relation qui devait être rendue publique. M. de Raymond, capitaine des troupes de la colonie, et qui les commande ainsi que les

Canadiens , a très bien fait de sa personne » (M. Doreil à

Belle-Isle, Québec, 28 juillet 1758. A. H. G., vol. 3498).

(1) Relation de la victoire remportée sur les Anglais, le 8 juillet 1758, par l'armée du Roi commandée par le marquis de Montcalm (A. H. G., vol. 3498, pièce 138).

(2) Relation de ce qui s est passé en Canada , jointe à la lettre de

M. de La Pause, du 14 juillet 1758 (A. H. G., vol. 3498).

du défenseur, dut encore se retirer, laissant les abords de l'abatis couverts de ses morts. Les Highlanders, admirables de bravoure, avaient perdu, à eux seuls, en tués et blessés, 25 officiers et la moitié de leur effectif (1).

Après « ce dernier coup de collier (2) », les attaques de l'ennemi diminuèrent d'intensité, et, de 6 heures à 7 heures, il ne fit plus qu'entretenir une fusillade sur tout son front par ses tireurs d'élite, afin d'avoir le temps d'enlever les blessés et de couvrir la retraite de ses colonnes sur le camp de la Chute.

Vers 7 heures, plusieurs soldats de Béarn escaladèrent le retranchement, mirent en fuite ou tuèrent les tireurs embusqués derrière les souches d'arbre les plus rapprochées, et ramenèrent quelques prisonniers.

On apprit par eux que les Anglais projetaient de recommencer l'attaque le lendemain. Ces rapports, l'approche de la nuit, « l'épuisement et le petit nombre de nos troupes, les forces de l'ennemi qui, malgré sa défaite, était encore infiniment supérieur à nous, la nature de ces bois dans lesquels on ne pouvait s'engager sans sauvages contre une armée qui en avait 400 ou 500, plusieurs retranchements que les ennemis avaient élevés les uns derrière les autres depuis le champ de bataille jusqu'à leur camp (3) », tels furent les obstacles qui firent renoncer Montcalm à suivre les Anglais dans leur retraite.

On conçoit d'ailleurs qu'après les fatigues de ces deux dernières journées nos troupes eussent besoin de quelque repos. Pendant le combat, chaque soldat avait tiré en moyenne 70 à 80 coups, ce qui avait obligé « de

(1) Montcalm and Wolfe, t. Il, p. 109.

(2) Le maréchal de camp Desandrouins, p. 183.

(3) Journal du marquis de Montcalm, p. 401.

changer quantité de fusils pendant l'action (1) », mais les cartouches n'avaient jamais fait défaut aux défenseurs. M. de Trecesson, commandant du 3e bataillon de Berry, avait été attentif à leur faire parvenir des munitions en abondance, soit à l'aide de charrettes, soit à l'aide des hommes de son bataillon qui, sans combattre en ligne, ne laissèrent pas de perdre plusieurs des leurs dans le trajet du fort aux retranchements.

Comme la chaleur avait été grande pendant tout le jour, Montcalm avait aussi veillé à ce que des barriques d'eau fussent envoyées du fort sur la ligne de feu, tâche dont le 3e bataillon de Berry s'acquitta à souhait.

Vers 7 h. 30, Montcalm fit cesser le feu qu'entretenaient seulement quelques tireurs ennemis embusqués à la lisière de la forêt. Puis, accompagné du chevalier de Lévfs, il passa devant le front des bataillons, heureux de les remercier et de les féliciter pour leur éclatante bravoure. Il fut accueilli par des acclamations répétées.

Après avoir pris quelques instants de repos, les troupes passèrent la nuit à nettoyer leurs armes et à renforcer la défense des retranchements, dans l'attente d'un retour offensif des ennemis le lendemain. Faute de traverses, qu'on se hâta d'établir, bien des parties de nos lignes avaient été soumises au feu d'enfilade de l'ennemi, et, quoique nos bataillons eussent combattu à couvert, ils avaient éprouvé des pertes sensibles.

Dans l'état-major, M. de Bourlamaque avait été grièvement blessé à l'épaule, M. de Bougainville légèrement à la tête. Le chevalier de Lévis avait reçu deux coups de fusil dans son chapeau.

Les bataillons comptaient 12 officiers tués et 25 bles-

(I) Journal de Desandrouins dans : Le maréchal de camp ûesaudrouins, p. 186.

ses, dont deux mortellement. Le nombre des soldats tués s'élevait à 92, celui des blessés à 248. Les troupes de la marine et les Canadiens entraient dans ces pertes pour 2 officiers blessés, 10 soldats tués et 11 blessés (1).

(1) État des officiers, soldats, tués ou blessés à la défense des ahati? près de Carillon, le 8 juillet 1758 :

Etat-major. — MM. de Bourlamaque, colonel, blessé dangereuse ment; de Bougainville, aide-maréchal général des logis (sic).

REGl- MENTS.

La Reine.

La Sarre.

Roassillon

Langueduc.

Guvenne.

Be'arn ,

1er bator de Berry.

2e bat0" de Berry.

Colonie. .

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