DISTRICTS. COMTÉS. CHEFS-LIEUX
= EL | Beauce, Beauce, Dorchester, Paroisse de Saint- Joseph de la Beauce, Arthabaska, Mégantic, Arthabaska, Drum-| Paroisse de Snintmond. Christophe d'Ar- | thabaska, Bedford, Shefford, Missicoui, Brome, Nelsonville (township de Duu:
ham), S.-Hyacinthe, | Saint-Hyacinthe, Bagot, Rou-| Ville de Saint- « ViLe. Hyacinthe.
Iberville. Saint-Jean, Naplcrville, Iberville. | Ville de S$.-Jean.
Beauharnois, | Chateauguay, Beauharnois, Hum-| Ville de Beatihartingdon. nois,
Les comtés se divisent en seigneuries ét en {ownships. Les paroisses sont formées quelquefois d’une seule seigneurie ; quelquefois, au contraire, elles renferment plusieurs seigneuries ou plusreurs cantons, soit en entier, soit en partie,
Division ecclésiastique : IL y a dans la province de Québec cinq diocèses, savoir : l’archevéché de Québec, et les évéchés de Montréal, de Saint-Hyacinthe, des Trois-Rivières et de Saint-Germain de Rimouski.
Montagnes : Au cap Rosier, sur le golfe Saint-Laurent, commence une chaine de hauteurs, qui s'étendent au sud-ouest jusqu’à l'Etat de Vermont; elles séparent les eaux qui coulent vers le fleuve Saint-Laurent de celles qui se jettent dans le golfe, dans la baie de Fundy, ou dans l'Atlantique ; leur plus grande élévation est de 4 à 5,000 pieds. Ces montagnes ou hauteurs font partie de la grande chaîne des Alléghanys, La rive nord du fleuve
est bordée par une autre chaine de montagnes qui s’en éloignent depuis le cap Tourmente, situé à dix lieues audessous de Québec, jusqu’à l’Ouatouais, qu’elle traverse et dont elle sépare le bassin de celui des grands lacs. On leur donne le nom de Laurentides. D’autres montagnes, ou hauteurs encore peu connues, séparent le Canada du territoire de la baie d'Hudson.
Fleuves et rivières : le SaiTr-LaurenT, qui sort du lac Ontario, grossi des eaux de tous les grands lacs de cette partie du continent, arrose ensuite tout le Bas-Canada, et se jette dans le golfe dont il porte le nom par une embouchure large de 40 lieues.
La source du Saint-Laurent doit être placée au-delà du lac Supérieur, à 40 lieues de celles du Mississipi, et environ à 740 lieues de l’entrée du golfe. Une seule chute, celle de Niagara, justement célébrée comme une des plus étonnantes merveilles de la nature, interrompt totalement la navigation de ce grand fleuve, que des bâtiments de 2,000 tonneaux parcourent jusqu’à Montréal, tandis que les plus énormes vaisseaux de guerre peuvent voguer en sûreté depuis l'Océan jusqu’à Québec, et sur presque toute l’étendue de ces grands lacs qui forment ce qu’on appelle quelquefois la mer du Canada, la largeur du fleuve, à Montréal, est de 2? milles ; à Québec, vis-à-vis la citadelle, de 520 toises seulement; entre ces deux villes, de 1 mille et demi à 3 milles ; au-dessous de Québec jusqu’à Saguenay, de8 milles et demi à 15 milles; il s’élargit ensuite graduellement jusqu'à son embouchure; à la pointe occidentale de l'ile d’Anticosti on compte 70 milles d’un rivage à l’autre. La marée se fait sentir depuis le golfe jusqu’à 30 lieues au-dessus de Québec ; à ce dernier port, elle est de 18 pieds dans les nouvelles et dans les pleines lunes. Depuis ia fin de décembre jusqu’en avril, le fleuve couvre une partie de son cours de glaces assez
profondes pour porter les voitures les plus pesantes. Il en est de même de ses tributaires.
Ses principaux affluents sont : au nord, l'Outaouais, ou rivière des Outaouais le Saint-Maurice, le Saguenay, le Betsiamis, la rivière aux Outardes, le Manicouagan, le Moisic, dont l’embouchure est près des Sept-lles, le Manitou, à demi-distance entre les Sept-Iles et Mingan, le Saint-Jean et le Nitigamiou, vers le détroit de Belle- Isle; au sud le Chambly, le Saint-Francois et la rivière de la Chaudière.
Lacs : Le lac Témiscaming, traversé par l'Outaouais : le lac Abbitibbi, dont les eaux coulent vers la baie d'Hudson ; le lac Saint-Jean, traversé par le Saguenay: le lac Champlain, situé presque entièrement entre l'Etat de New-York et le Vermont, et dont la partie comprise dans la province de Québec s’appelle la baie de Missiskouiï ; le lac Memphrémagog et le lac Mégantic, sur la frontière du sud-est; les lacs Long (Long Lake), Témiscouata, Métis et Matapédiac, dans les comtés de Témiscouata et de Rimouski; le lac des Deux-Montagnes, embouchure de l'Outaouais ; le lac Saint-François et le lac Saint-Pierre, qui sont autant d’élargissements du fleuve Saint-Laurent, et une foule d’autres.
lles: Les principales sont : l'ile de Montréal, située au confluent du fleuve Saint-Laurent et de l'Outaouais, longue de 34 milles et large de 11 ; riche en commerce, en céréales, en fruits et en pierre à bâtir de la plus belle espèce; l’île Jésus, séparée de celle de Montréal par un chenal qu’on nomme la rivière des Prairies, longue de 22 milles et large de 6, fertile en grains; l’île d'Orléans, située dans le fleuve, à 3 milles et demi de Québec, longue de 19 milles et un quart, large de 5 et deux tiers, qui renferme cinq petites paroisses: enfin, l’île d’Anticosti,
située à l'embouchure du fleuve, longues de 140 milles et
large de 35, couverte de rochers et de sapins rabougris, fréquentée pour la pêche du saumon, qui abonde dans ses rivières, et de la morue qu’on prend sur ses côtes.
L'ile aux Noix, au haut de la rivière Chambly, et l’île Sainte-Hélène devant Montréal, quoique d’une petite étendue, sont très-importantes comme forts, étant destinées, l’une à fermer au besoin la oute du lac Champlain, l’autre à défendre la ville et le port de Montréal.
Canaux : Le canal Beauharnoiïis, entre le lac Saint- Francois et le lac Saint-Louis, vis-à-vis le Coteau-du-Lac, les Cèdres et les Cascades, long de 11 milles un quart, remarquable par le nombre et la beauté de ses écluses; le canal Lachine, sur l’île de Montréal, vis-à-vis le rapide Saint-Louis — sa longueur est de 8 milles et demi. Le canal Chambly et les autres travaux exécutés sur le Richelieu font communiquer le fleuve et le lac Champlain, et, par suite, Montréal, Québec et New-York; le canal Grenville, Commun aux deux provinces, rend l'Outaouais . navigable jusqu’à la rencontre du canal Rideau à Ottawa,
Chemins de fer : La plus grande voie ferrée de l’Amérique Britannique est celle du Grand-Tronc. Elle commence à la rivière du Loup, et se rend par Québec (Pointe-Lévis), Montréal, Kingston et Toronto jusqu’à Sarnia, à l’extrémité occidentale de la province d’Ontario, La distance qu’elle parcourt entre ses deux points extrêmes est de 468 lieux. Ses principaux embranchements, dans la province de Québec, sont le chemin dé Richmond à Portland, et le chemin d’Arthæbaska à Bécancour vis-à-vis les Trois-Rivières 1.
1 En 1866, Québec et Ontario avaient 730 lieues de voies ferrées, où l’on voyait en mouvement, sur 16 lignes différentes, 6,818 chars de toutes sortes; l’activité de ces lignes éleva, cette même année-là, le chiffre des recettes à ls. 11,108,882. Les dépenses totales de leur construction s'élèvent à environ ls. 135,763,217,
Chemins à lisses où commencés ou projetés: Le grand chemin de fer Irtercolonial d'Halifax à la Rivière du Loup, destiné à compléter l’union intime des grands centres commerciaux de la Puissance 1: le chemin Cosfords, à lisses en bois, depuis Québec jusqu’au canton de ce nom, et, probablement, jusqu’au lac Saint-Jean ; celui de Lévis à Kennebec; celui des Trois-Rivières aux Piles : celui de Sorel à Drummonville, le chemin de fer du Nord de Montréal à Saint-Jérôme, etc.
De nombreuses lignes télégraphiques sillonnent la Province, et la mettent en communication avec les principales villes des provinces, des Etats voisins et de l’Europe.
Climat, sol et production : La province de Québec est exposée à un long hiver, et pendant quelques jours seulement, à des chaleurs extrêmes. Personne n’ignore combien il est commun, au Canada, de voir arriver les changements de temps après trois jours consécutifs de pluie, de froid, de chaleur, etc. Malgré ces brusques variations de la température, on peut dire qu'il n’y a guère, en Amérique, de pays dont les saisons soient plus salubres ou plus agréables. Le sol est généralement fertile en froment, en seigle, en avoine, en sarrasin, en toutes sortes de légurres, Parmi les arbres fruitiers, les plus communs sont les pommiers, les pruniers, les cerisiers, les noyers,
1 Le chemin de fer Intercolonial devra être en opération au mois de juillet 1872. Sa longueur totale est de 488 1/2 milles, Il communique avec le Grand-Tronc, à la rivière du Loup, à 120 milles au-dessous de Québec, « se prolonge en ligne parallèle au
fleuve jusqu’au chemin Matapédiac, et là, traversant les comtés
de Rimouski et de Bonaventure, il rejoint le Nouveau-Brunswick ; du Nouveau-Brunswick il va aboutir à Halifax, dans la Nouvelle- Ecosse, donnant ainsi en toute saison à la province de Québec et au reste de la puissance libre, accès à l'Atlantique. » (La Province de Québec et l'Emigration Européenne.)