‹ Montcalm et le Canada français [microforme] (volume 2)Chapitre 23 sur 24 · ESS · texte numérisé non relu

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etc. À Montréal, on a d'excellentes poires, l’abricot et le raisin-franc. Les melons, les courges, les concombres, le tabac, se voient dans la plupart des jardins. Les arbustes à baies remplissent les bois et les savanes. Nos forêts renferment encore d’immenses richesses, nos lacs et nos rivières ne manquent pas de poissons d’eau douce: vers le golfe, on a la morue, le hareng, le maquereau, etc. Mines : La vallée de la Chaudière renferme de l'or en assez grande abondance; on rencontre le cuivre dans les cantons de l’est, surtout à Acton; le fer des meilleures qualités abonde dans les montagnes du nord, dans les vallées du Saint-Maurice et de la rivière Bastican, à la baie Saint-Paul, dans les cantons du sud-est: les sables abondants de la rivière Moisie, de Betsiamis, des Sept- Iles, de Portneuf, de Mingan, ne sont que du fer magnétique presque entièrement pur, et offrent ainsi à l’industrie une exploitation facile et très-productive. Il existe du marbre, du plâtre, des terres colorantes (ocre jaune, rouge, etc.), une grande quantité des plus belles variétés de pierre à bâtir, plusieurs sources minérales dont les plus estimées sont celles de Saint-Léon et de Varennes, La rivière Moisie (ou Moïsic), possède les plus vastes et les plus riches gisements de fer magnétique que l’on connaisse. Ils sont exploités, depuis des années, et le fer qu’ils fournissent vaut le meilleur de la Suède. L'or retiré des mines de Ja Chaudière s’est élevé, en 1869, à 1,388 onces, valant environ 25,000 dollars. Commerce 1 : Traversée d’une extrémité à l’autre par le Saint-Laurent, que plusieurs vastes canaux rendent dé-

4 Au point de vue commercial, nous renvoyons le lecteur à la notice publiée cette année sur le Canada, par M. Paul de Cazes, commissaire du Canada à l'Exposition. En dehors des indications commerciales, l’ouvrage de M. de Cazes abonde, d’ailleurs, en intéressants enseignements de toute nature.

sormais navigable jusqu’au fond du lac Michigan, et jusqu’à la tête du lac Supérieur, riche en productions naturelles ; partie intégrante d’un empire dont les flottes sillonnent toutes les mers et visitent toutes les terres du globe, la province de Québec, de même que celle d’Ontario, offre d'immenses facilités aux échanges avec les autres pays. Les principaux articles d'importation : Mar. chandises sèches (tissus de coton, de laine, de soie de lin, articles de modes, etc.) ; épiceries, sucre, thé, spiritueux et vins, café, riz, fruits secs, épices, etc.; fer et acier, quincaillerie, cuivre, plomb, etc.; tabac, faïence, verrerie et poterie; chapellerie et fourrures; cuirs bruts et fabriqués; sel, charbon; livres et papeteries; drogues, teintures et parfumerie; cordages, voiles et autres provisions navales, etc.

Les exportations se composent des articles suivants : bois de construction; madriers, douves, etc. ; blé, pois, orge, avoine et farines, vaisseaux neufs ; potasse ; lard et bœuf salé; poisson et huile; pelleteries ; animaux, beurre, saindoux, biscuit, etc.

Québec et Montréal sont les deux principaux ports d’entrée et les deux grands centres commerciaux de la province. — En 1868, la valeur des exportations pour Québec et Ontario s’est élevée à 47,499,000 dollars; celle des importations à 57,805,000.

Industrie : L’attention du pays parait se tourner sérieusement vers les moyens de développer ses ressources industrielles. Parmi nos manufactures en grand, nous pouvons citer avec éloge les superbes fonderies des trois villes de Québec, des Trois-Rivières et de Montréal: les filatures de Chambly et de Sherbrooke; les moulins à papier de Portneuf et de Sherbrooke et de Valleyfield ; les tanneries de Montréal et de Québec: les machines à clous, à cardes, etc.

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L'industrie domestique ne saurait être trop encouragée par la population française de nas campagnes,

Agriculture : Cette grande et noble occupation, seule base de la prospérité des peuples, est suivie par la trèsgrande majorité des habitants de la province. Ils n’ont cessé d'y trouver, non-seulement une honnête subsistance, mais encore les moyens d'entretenir les importantes relations commerciales dont nous venons de parler. La fertilité du sol et l'immense étendue de nos forêts ‘ permettent à la génération naissante le même bien-être matériel et moral;. pourvu qu’en améliorant la culture des terres anciennes, elle se hâte de saisir et de faire valoir le riche héritage qui lui est légué par la Provi- ‘dence en défrichant les forêts vierges.

Villes : Québec, place militaire de premier rang, principal centre du commerce maritime, siége du gouvernement local, d’un archevêché et d’une université catholiques, est situé au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Saint-Charles, sur le penchant d’un promontoire appelé le Cap-Diamant. La Haute-Ville s’élève majestueusement en forme d’amphithéâtre au-dessus du fleuve et des campagnes voisines, présentant de tous côtés les plus beaux points de vue qu’il soit possible d'imaginer. La Basse-Ville est construite presque en- .tièrement sur un terrain que baignaient autrefois les eaux du fleuve. C’est à sa situation exceptionnelle, et aux sites pittoresques des lieux d’alentour que Québec doit cet ensemble de beautés qui la place au rang des plus agréables villes du monde, et ne lui laisse peut-être d'autre rivale que la ville de Naples. Sa vieille enceinte bastionnée, ses maisons généralement mal bâties, ses rues mal pavées, courtes, étroites, qui courent irrégulières et sans ordre, la distinguent entre toutes les villes d'Amérique, et lui donnent ce cachet d’antiquité

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qui rappelle les vieilles cités européennes. Puissamment défendu par la nature, Québec ne l’est pas moins par ses murailles hautes et massives, par ses tours, et surtout par sa citadelle, dont les ouvrages immenses excitent l'admiration de tous les étrangers. Population 51,100 habitants, en 1861.

Larade de Québec est sûre, commode, et assez vaste pour contenir les flottes les plus nombreuses.

Montréal (autrefois Ville-Marie), fondé en 1642, sur la côte méridionale de l’ile de Montréal, au pied d’une petite montagne qui lui a valu son nom, est la ville la plus riche et la plus peuplée de l'Amérique anglaise, le principal dépôt des marchandises importées de la Grande- Bretagne, le centre du commerce intérieur des deux provinces d’Ontario et de Québec. Ces avantages, elle les doit à sa position, à la tête de la navigation transatlantique, à la facilité des communications avec le lac On-

tario, les bords de l'Outaouais, le lac Champlain et toutes

les parties d’un grand et fertile district agricole — plus encore, peut-être, au zèle et à l’activité de ses citoyens, et aux progrès toujours croissants de son industrie. Il y a une foule de puissantes compagnies commerciales et de fondations charitables, des sociétés de littérature, d’histoire naturelle, d'agriculture, d’arts mécaniques, d’éducation, etc., etc. Les édifices publics, les quais, l'entrée du canal Lachine et de la plupart des maisons sont en pierres de taille tirées des superbes carrières de la montagne. La population était de 90,323 habitants, en 1861; elle est maintenant d'environ 130,000.

La ville des Trois-Rivières, après Québec la plus ancienne du pays, est agréablement située sur la rive nord du fleuve, à l'embouchure de Saint-Maurice, qui se jette dans le Saint-Laurent par trois bouches différentes, circonstance qui a valu à la ville le nom qu'il porte.

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La position des Trois-Rivières, peu avantageuse pour le commerce intérieur, fait qu’elle augmente beaucoup moins rapidement que les autres villes. Elle possède un. évêché, et un collége pour les études classiques. Il y a une fonderie, où l’on emploie le fer des célèbres mines et forges de Saint-Maurice, situées à 3 lieues de la vilte; ces forges existent depuis environ deux siècles. Les moulins à scies du Saint-Maurice sont très-importants. Population, 6,058, en 1861.

La petite ville de Hyacinthe, population, 3,695.

La petite ville de Lévis, vis-à-vis de Québec.

La petite ville de Dorchester, communément appelée Saint-Jean. Population, 3,317.

Il y a un bon nombre de villes qui mériteraient une description particulière, si les bornes de cet abrégé le pouvaient permettre, La plupart sont situées sur les bords du fleuve ou des rivières qui s’y jettent; telles sont les villes de Laprairie, de l’Assomption, de Joliette, de Saint- Eustache, de Terre-Bonne, de Napierville, de Chambly, de Sainte-Marie de Mennoir, de Nicolet, de Boucherville, de Longueil, de Berthier, de Sainte-Scholastique, de Montmagny, de Saint-Michel de Rimouski; Alymer et Hull, sur l'Outaouais: dans les cantons du sud-est, Stanstead, Waterloo, Richmond, Sherbrooke, etc.: du côté du golfe, Gaspé, Carlisle, Percé, Bonaventure, Carleton, etc.

Education ! : Les principaux établissements d'éducation supérieure dans la province de Québec sont les séminai-

1 Depuis la publication de l’ouvrage auquel sont empruntés les extraits ci-dessus, l'instruction publique, dans la confédération Canadienne et en particulier dans la province de Québec, a pris un puissant essor. Nous engageons le lecteur curieux de se rendre compte de ce développement extraordinaire à consulter le livre qui sous le titre de l’Instruction publique au Canada, vient

res ou collèges de Quéhec, de Montréal, des Trois-Rivières, de Nicolet, et Saint-Hyacinthe, de Sainte-Thérèse, de l’Assomption, de Sainte-Anne, de Saint-Germain de Rimouski; l’université Laval, à Québec, créée par lettrespatentes de Sa Majesté en 1852 ; l’université Mc Gill, le séminaire de Saint-Sulpice et le collége de Sainte-Marie, à Montréal, etc,

Nos études classiques comprennent le français, l’anglais, le latin, le grec, la géographie, l’histoire ancienne et la moderne, tant sacrée que profane, les belles-lettres, la rhétorique, la philosophie, les mathématiques, la physique, l’astronomie, la chimie, l'histoire naturelle, le dessin, la musique, etc. La jeunesse du pays reçoit ainsi, moyennant un prix très-modique, souvent même gratuitement, une éducation qui la met en état de remplir avec succès tous les emplois ecclésiastiques ou civils du pays.

D’autres institutions remarquables sont les High School de Québec et de Montréal, le collège Joliette, le collège Masson, ceux de Rigaud, de Saint-Laurent, de Saint-

François (Richemond), de Stanfold ; le séminaire anglican

de Lennoxville (près de Sherbrooke), les académies de Chambly, de Stanstead, de Shefford, de Berthier, etc.

Les collèges classiques sont au nombre de quinze, dont douze catholiques et trois protestants. Il y a trois universités, une catholique qui porte le nom de Laval, en souvenir du premier évêque de Québec, Mgr de Montmorency-Laval, et deux protestants, le séminaire anglican de Lennoxville, fondé en 1843; l’université Mc Gill, fondée en 1827.

Ecoles Normales : elles sont au nombre de trois : l’école

d'être publié par M. Chauveau, ancien ministre de l’Instruction publique dans la province de Québec, l'un des écrivains canadiens don! le talent fait le plus d'honneur aux lettres françaises.

normale Laval, à Québec, celle de Jacques-Cartier et de Me Gill à Montréal. Un surintendant de l'Education, assisté d’un conseil d'Instruction publique les surveille et les régit. Le but principal de ces institutions est de former des instituteurs et des institutrices destinés à rés pandre l'éducation primaire parmi le peuple des villes et des campagnes,

Ta province de Québec compte aujourd’hui 3,498 écoles primaires, 227 écoles secondaires et modèles.

Les écoles spéciales, les lycées, les écoles commerciales et d'agriculture Sont au nombre de 147, et comptent 2,186 élèves.

Les admirables institutions des frères des Ecoles chrétiennes sont fréquentées par des milliers d'enfants pauvres, dans nos trois villes; Québec et Montréal possèdent aussi plusieurs autres grandes écoles de charité. L'instruction élémentaire se répand aussi dans toutes les campagnes.

Les frères des Ecoles chrétiennes ont actuellement 16 communautés disséminées dans les différentes parties de la Province. Le nombre des élèves qui fréquentent leurs écoles s'élèvent à près de 9,000.

Population et Religion : suivant le recensement de 1871, la province de Québec contient 1,111,566 habitants classés comme suit, savoir : d'origine française, 847,512; Anglaise, 143,379; Irlandaise, 56,337; Ecossaise, 13,204 ; le reste est originaire des Etats-Unis, de la Nouvelle Ecosse, etc. Il y a 190 nègres, 4,876 sauvages.

D’après les religions, la religion est divisée comme suit : Catholiques, 943,253 : église d'Angleterre, 64,477 ; d’Ecosse, 23,730 ; le reste appartient à diverses dénominations, On compte 562 Juifs,

La population de la Province est maintenant (1873) d'environ 1,400,000.

Gouvernement : Constitutionnel {. :

Statistique : Le revenu de la Province en 1809, a été de 1,676,152 dollars 2. Les importations se sont élevées à 20,545,177 ; les exportations à 28,223,268.

Nos produits forestiers ont fourni à l'exportation 10,700,000 ; les animaux et leurs produits, 4,900,000 ; les produits agricoles, 4,800,000.

Sauvages du Bas-Canada : Les principales nations sau« vages qui habitent encore le Bas-Canada sont les Iroquois, les Algonquins, les Abénakis, les Nippissingues, les Hurons, les Micmacs et les Montagnais Les Iroquois. sont réunis en village au Sault Saint-Louis, et à Saint-Régis, sur la frontière des Etats-Unis ; les Algonquins avec les Iroquois et les Nippissingues, au lac des Deux-Montagnes; les Abénakis, à Saint-François, près du lac Saint-Pierre, et à Bécancour,; les Hurons, à Lorette, près de Québec ; les Micmacs, avec quelques familles de Malécites et d’A-

bénakis, à Ristigouche, vers l’entrée de la rivière de ce )

nom, à Cascapédiac, etc. 11 y a aussi une centaine d’Algonquins dans le voisinage de Trois-Rivières. Les Montagnais n’ont point de séjour fixe et ils errent au loin dans les.montagnes du nord, vivant uniquement de chasse et de pêche. LE ÿigénent éräiter autet. ls blaricheaux postes

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1 Le siége.dw, Gegyernement,"A cl #st à "Oképèt- | Ce gouvernement se "toimposé ‘ur Veutchanteppyemé, nbmmé pour cinq ans par le gouverneur général du Canada en conseil, d’un conseil exécutif de 7 membres, d’un conseil législatif de 24 mémbres nommés à vie, et d'une assemblée législative, d’un député par comté élu tous les quatre ans par le peuple.

2 Les provinces confédérées ont peu de revenus propres; ils appartiennent au gouvernement fédéral qui donne à chaque province uné subvention annuelle destinée à faire face à ses dépenses administratives. La subvention que reçoit Québec est dé 959,252 liv. st,

situés à l'embouchure des principales rivières de la côte nord-est; tels sont les Islets-de-Jérémie, la rivière Godbout, les Sept-Isles, Migan, Mascouaro, etc. D’autres tribus, ou restes de tribus, sont les Petits-Esquimaux, les Naskapis (Montagnais), les Tètes-de-Boule, les Wuarmontashings, etc.

Ceux qui sont réunis en village ont des champs de blé d'Inde, de froment, de légumes, etc., et quelques animaux ; mais une grande partie de leur temps est employée à la chases et à la pêche, Ils ont des églises et des missionnaires qui demeurent avec eux ou qui les visitent régulièrement,

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