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» accordé plutôt que de faire une démarche contraire » à la bonne foi française. » William Henry rendu, Montcalm donna sur l'heure des ordres pour qu'avant l'entrée des Peaux-Rouges tous les tonneaux de spiritueux contenus dans le fort fussent défoncés : c'était le seul moyen de rester maîtres de nos alliés. Malheureusement celte sage précaution fut rendue inutile par ceux-là mêmes qu’elle avait pour but de protéger.
Pendant la nuit, les Anglais, croyant se concilier les sauvages, « dont ils avaient une frayeur inconcevable, » leur versèrent du rhum et de l’eau-de-vie, Mais, au lieu de les désarmer, l'ivresse ne fit qu’allumer dans leur sang une fureur bestiale.
Le lendeinain, sous le coup d’une terreur crois-
sante, les Anglais se mettent en route de grand
matin pour gagner le fort Édouard, où se cachent Webb et son armée : leur longue colonne, dont une toule de femmes et d’enfants embarrasse la marche, atteint en serpentant la lisière des bois. Là sont des Indiens : c’est d’abord aux bagages qu'ils en veulent; «et qui donc dans le monde pourrait contenir deux » mille sauvages de trente-deux nations différentes » quand ils ont bu? » demande Bougainville.
Les pillards s’enhardissent et l’horrible clameur de ouerre retentit. « À peine eurent-ils poussé leurs cris, » que les troupes anglaises, au lieu de faire bonne con- » tenance, prirent l'épouvante et s’enfuirent à la dé- » bandade, jetant armes et bagages et même leurs » habitst, » La colonne est rompue : on en voit les débristourbillonner et s’éparpiller dans la plainecomme des feuilles sous un vent d’orage ; un drame horrible
1. Dépêche du marquis de Vaudreuil, gouverneur du Canada, au ministre de la marine.
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