DES ED
Pr RS
Reg
FE dan HE EE
Ft
AZ | £a
LR
commençait entre des fauves bondissant de toutes parts et un troupeau humain dispersé, quand Montcalm et ses officiers, accourant hors d’haleine, se jettent au-devant des Peaux-Rouges. Telle était la rage de ceux-ci que « plusieurs de nos grenadiers y fureni » blessés, et que nos officiers y coururent risque » de la vie, car, dans des cas pareils, les sauvages ne respectent rien ‘ ». Le tumulte cesse ; on donne asile dans le camp et dans le fort aux Anglais éperdus. Les Indiens avaient fait six cents prisonniers : on les rachète et, comme ils sont nus, les soldats français partagent avec eux leurs vêtements : Montcalm renvoya en sûreté les Anglais au comte de Loudon, auquel il fit tenir une relation fidèle de la catastrophe et des causes qui l'avait produite. « Je m’estime heureux, » disait Montcalm en finissant, que le désordre n'ait » pas eu de suites aussi fâcheuses que j'étais en droit » de le craindre. Je me sais gré de m’être exposé per- » sonnellement, ainsi que mes officiers, pour la dé- » fense des vôtres, qui rendent justice à tout ce que > j'ai fait dans cette occasion. »
Qu'il s'attendait peu à la réponse du gouvernement anglais, le loyal soldat qui écrivait cette lettre! Ce que l'équité, ce que le simple bon sens, proclamait monstrueux et absurde, fut osé par le besoin de surexciter contre la France l'opinion publique et par l’humiliation de l’amour-propre national : le généreux, le chevaleresque Montcalm se vit accusé à Londres d’avoir livré des vaincus aux fureurs de hordes barbares, et, dans le premier moment, lacapitulation fut déclarée nulle par le gouvernement britannique. Mais qui pouvait croire qu’un siècle après l'évènement,