‹ Montcalm et le Canada français [microforme]Chapitre 33 sur 62 · Voir la carte n · texte numérisé non relu

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patrie et des lettres, Wolfe et son rival appartenaient à la même race, à celle des héros.

Au milieu du mois de mai, presque dans le sillage des navires de Bougainville, la flotte anglaise parut sur le Saint-Laurent. Dans cette navigation inconnuc et pleine de périls, elle était guidée par un pilote canadien, un transfuge, qui a laissé son nom en otage à l’histoire : Denis de Vitré.

Chaque marée pousse en avant les navires de l’invasion : ils ont franchi le cap Tourmente, puis la grande île d'Orléans. Un gigantesque rocher de granit et d’ardoise, s’élançant de la rive septentrionale, semble barrer le fleuve. Au pied et sur la cime de ce roc, apparaît aux Anglais, sous les rayons d’un soleil de juin, un étonnant assemblage de clochers en branle, de batteries en feu, d’esplanades verdoyantes, d’arbres séculaires, de dômes et de toits métalliques, ré-

fléchissant la lumière comme autant de miroirs; ville couronnée par une citadelle aux bastions à pic, as-

sise sur un cap de trois cents pieds de hauteur, sortant tout droit du fleuve. Eblouissant tableau, qui se reflète dans l’onde d’un bassin assez immense pour contenir cent vaisseaux de ligne à cent vingt lieues de la mer. C'était la capitale de la Nouvelle-France.

À deux reprises déjà, les vaisseaux anglais étaient venus battre de leurs boulets la ville de Champlain, mais cette troisième fois des hurrahs de victoire se mêleront aux dernières bordées et les mâts seront pavoisés au retour.

Dès 1758, Montcalm écrivait au ministre : «Il ya » deux ans que je ne cesse de parler de l’entreprise et » de la descente que l’ennemi peut faire à Québec; » on ne veut rien prévoir ni rien ordonner. » Dans sa dépêche du 12 avril 1759, le général dit encore : « A

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