‹ Montcalm et le Canada français [microforme]Chapitre 46 sur 62 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

SUR LE MONUMENT ÉLEVÉ A QUÉBEC, EN SOUVENIR DE LA SECONDE BATAILLE DES PLAINES D’ABRAHAM

(Extrait du journal de l’Instruction publique en Canada pour 1863.)

Le combat du mois d’avril 1760 était une belle revanche accordée au petit peuple fidèle et valeureux que le désastre de l’année précédente avait si cruellement désolé; c'était le couronnement utile, seulement au point de vue moral, de toutes les inutiles victoires remportées dans les campagnes précédentes ; enfin c’était un dernier titre de noblesse ajouté à tous ceux qui devaient nous concilier l’estime et le respect de nos vainqueurs.

Mais cette seconde bataille des plaines d'Abraham, plus - considérable, sous quelques rapports, que la première, a été pendant longtemps relativement inconnue et comme jetée dans l’ombre par l’immense résultat de la rencontre du 13 septembre 1759. Tout concourait du reste à faire de celle-ci un grand évènement historique. L'Europe, depuis ce temps, n’a guère su de nous autre chose.

La découverte de nombreux ossements près du chemin de Saint-Foye suggéra à la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec l’idée d’élever une colonne à la mémoire de Lévis et de Murray, et à celle des braves qui combattirent sous leurs ordres. Trois imposantes cérémonies ont permis à plusieurs représentants successifs de notre gracieuse souveraine de prendre part à ce grand acte de justice. Le général Rovan, le 5 juin 1854, à l’occasion de la cérémonie funèbre par laquelle on donna la sépulture chrétienne aux ossements retrouvés ; Sir Edmond Head, le

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45 juillet 4855, lors de la pose de la première pierre, et enfin lord Monck, le 17 octobre 1862, lors de l’inauguration du monument complété par la statue donnée par le prince Napoléon, ont noblement terminé l’œuvre commencée par lord Dalhousie et continuée par lord Aylmer.

La présence du commandant Belvèze, en 1853, avec l'équipage du premier vaisseau de guerre français qui ait remonté le Saint-Laurent depuis la cession du pays, et cette année (1863) celle du premier consul général que la France ait accrédité en Canada, sont aussi deux coïncidences on ne peut plus heureuses.

Le nouveau monument consiste en une colonne de bronze cannelée, placée sur un piédestal de belles proportions, qui repose lui-même sur une base en pierre. Une statue de Bellone la couronne; elle porte la lance et le bouclier mythologiques et est tournée vers cette partie du champ de bataille qu’occupait l’armée française. Quatre mortiers en bronze sont placés à chaque coin du piédestal. La face qui regarde le chemin de Saint-Foye porte cette inscription : « Au braves de 1760. » Erigé par la Société Saint-Jean-Baptiste de Quédec, 1860. — Du côté de la ville, le nom de Murray se lit au-dessus des armes et des emblèmes de l’Angleterre : du côté de la campagne, celui de Lévis, au-dessus des armes et des emblèmes de la vieille France. En arrière se trouve un bas-relief représentant les armes et les emblèmes du Canada.

La statue a dix pieds de hauteur, et le monument en a soixante-quinze en tout.

Pierre J.-0,. CHAUVEAU.

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