SCENE II
LA MARQUISE DE SAINT-VERAN
Ainsi donc, mon fils, c’est l’heure du grand départ!
MONTCALM Oui, ma mère.
LA MARQUISE DE SAINT-VERAN
Et tu es content?
MONTCAILM
O ma mère, vous sentez bien que je ne suis pas Joyeux. Mais je suis militaire, et je dois obéir à l’appel de mon Roi, qui est peut-être aussi l’appel de Dieu.
LA MARQUISE DE SAINT-VERAN
C’est bien, mon fils, et ce n’est pas moi qui te blâmerai. J'espère au moins que le roi vous a fait bon accueil à Versailles!
MONTCAILM
Oui, mère, et votre petit-fils surtout a été enchanté. N'est-ce pas, Louis! |
LOUIS
Oh! oui, grand’maman, le roi s’est montré si aimable et si bon pour moi.
LA MARQUISE DE SAINT-VERAN
Voyons, raconte-moi cela.
LOUIS
Voici : Sa majesté était assise dans un haut fauteuil tout doré, et la belle madame de Pompadour était sur un siège plus bas à sa gauche. Quelques princes étaient debout de chaque côté. Le roi dit d’abord à mon père qu’il le nommait maréchal de camp, et qu’il lui confiait le commandement de son armée au Canada. Mon père a répondu... mais dites plutôt vous-même, mon père.