‹ Montcalm et LévisChapitre 3 sur 111 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

LE MARQUIS Eh! bien, je remerciai chaleureusement Sa Majesté

de la confiance qu’elle me témoignait, et je lui déclarai que je ferais tout pour m'en rendre digne. « Vous me

confez, Sire, une mission périlleuse et difficile, ai-je dit,

mais c’est pour cela qu’elle me plaît et que je l’accepte avec enthousiasme. »

« Quitter la France me sera bien pénible; mais c’est elle qui par votre bouche me demande ce sacrifice; je le ferai généreusement. Ma vie lui appartient, et je la voue à sa gloire et au service de Votre Majesté. »

LA MARQUISE DE SAINT-VERAN

Très bien, mon fils. Le roi a-t-il répondu quelque chose?

LE MARQUIS

Oui, il m'a dit : Je sais, marquis, que nous vous condamnons à un exil lointain; et que nous imposons à la patrie un grand sacrifice en hommes et en argent, pour garder une colonie qui n’a peut-être pas une grande valeur; mais l’honneur de la France est engagé, et il exige que nous combattions jusqu’au bout pour le sauver.

LA MARQUISE DE SAINT-VERAN

Sa Majesté ne parle pas toujours aussi bien. Et toi, mon cher petit, que faisais-tu pendant ce temps-là?

LOUIS

Je me tenais debout près de mon père. Alors le roi m'a fait signe d'approcher, et 1l m'a dit : Toi, mon colonel, tu resteras au pays natal pour défendre la vieille France, pendant que ton père ira sauver la nouvelle.

C’est mon rêve, Sire, répondis-je; mais Votre Majesté me donne un titre qui ne m’appartient pas.

« Il t’appartient, reprit Sa Majesté, je te nomme colonel de mon troisième régiment de cavalerie. »

LA MARQUISE DE SAINT-VERAN

Ah! je comprends ta joie, cher enfant. Tu as été l’objet d’une faveur insigne, et Jje suis vraiment fière de vous deux. |

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