‹ Montcalm et LévisChapitre 25 sur 111 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

tentation de me revenir, il n’en est pas ainsi de ma conscience. Elle avait pour-moi un attachement beaucoup plus fort évidemment, et elle revient souvent me solliciter de la reprendre. Avec ça qu’elle est éloquente, et qu’elle me fait des discours qui me troublent.

L BIGOT Que fais-tu alors!

VARIN

Je fais comme les sauvages, je prends de l’eau de feu — mais cela me donne une idée.

BIGOT Ah! combien vaut-elle, ton idée!

VARIN

En argent! Rien, c’est une idée morale.

BIGOT

Une idée morale, venant de toi? Allons, mes amis, qui veut acheter une idée morale de Varin?!... Pas d’enchérisseurs. Garde-là pour toi, Varin.

VARIN

Eh! bien, non, je vais vous la donner gratis, et je suis sûr que vous la trouverez bonne. Mon idée est que nous allions au buffet goûter l’eau de vie du gouverneur.

BIGOT

Mais ce n’est pas une idée morale, ca.

VARIN

Elle n’est pas immorale, non plus.

BIGOT

Non.

VARIN

Donc, elle est morale; car il n’y a que deux sortes d'idées, les morales et les immorales.

CADET

Dans tous les cas, ton idée est bonne. Varin, allons au buffet. {Tous vont au buffet.)

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