ACTE DEUXIÈME
DEUXIEME TABLEAU : Après la bataille.
Mêmes décors. (Au fond, des nuages de fumée enveloppent les retranchements qui brûlent. Au delà, retentissent encore quelques coups de feu — c’est la poursuite des fuyards. — Au pieds des retranchements, des morts gisent dans l’herbe et des blessés se traînent. D’autres blessés sont emportés par leurs camarades dans la direction des tentes).
Les fanfares jouent l’air de la victoire, et les groupes se rapprochent.
BOURLAMAQUE
Enfin, la victoire est à nous, et nos morts d’avant-hier
sont vengés.
Au pied du grand chêne où je l'ai ten hier, mon pauvre Trepezec a dû tressaillir en Se nos acclamations victorieuses.
DE LANAUDIERE
Oui, mais de nouveaux camarades sont allés dormir à ses côtés. Cette victoire nous coûte cher.
BOURLAMAQUE
Elle coûte plus cher à nos ennemis — quatre mille morts ou blessés! Les nôtres se comptent par quelques centaines. Gloire à eux; car ils sont tombés au champ d'honneur, et ce sont leurs drapeaux victorieux qui flottent aujourd’hui sur leur couche funèbre.
DE LANAUDIERE
Les Canadiens en ont perdu beaucoup. Ce pauvre Baptiste a été tué. Il s’est battu comme un lion, et il m'a recommandé sa Françoise.