UN AUTRE OFFICIER
Pauvre garçon! Tous, Français et Canadiens, se sont admirablement battus.
BOURLAMAQUE
Oui, certes, mais les Anglais aussi ont été braves; et ce fut un moment terrible, quand, repoussés avec pertes, 1ls sont revenus contre nous, et nous ont chargés à la baïonnette, en marchant sur les corps de leurs camarades expirants.
DESANDROUINS
Du poste que j'occupais, j'ai très bien vu ce choc formidable, et J'ai tremblé pour nos troupes.
A chaque décharge qui sortait de nos retranchements en jets de flamme, les rangs des ennemis s’éclaircissaient : mais à chaque fois leur colonne se reformait et les baïonnettes plus serrées continuaient d’avancer. Les Ecossais surtout étaient admirables. Leurs longues Jambes nues se teignaient dans le sang des morts, et comme des géants invulnérables, enjambant par-dessus les grands arbres abattus, 1ls venaient tomber au pied des retran-: chements, et se couchaïent dans les feuillages ensanglantés. Je n’oublierai jamais ce spectacle terrifiant.
DE LANAUDIERE
Mais s1 les assaillants furent si héroïques, que dire de ceux qui les ont vaincus!
Le poids de la bataille a pesé surtout sur notre droite, et c'était là notre point faible; car la nature du sol ne nous fournissait aucune protection de ce côté, et les Anglais en contournant notre aile droite pouvaient nous prendre en