‹ Montcalm et LévisChapitre 47 sur 111 · ACTE TROISIÈME TA · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME TA

LEVIS

Cette division de l'autorité entre le gouverneur, l’intendant et vous-même, est vraiment malheureuse; elle a pour but une certaine pondération des pouvoirs; mais elle ne produit que des conflits inévitables et désastreux. Que voulez-vous? Votre poète favori l’a dit :

Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes. Ils peuvent se tromper comme les autres hommes.

Je le sais trop, mon cher ami; et Corneille ajoute :

Mais on doit ce respect au pouvoir absolu De n’examiner rien quand un roi l’a voulu.

Le roi veut, soumettons-nous, et allons nous battre puisqu'il n’y à guère pour nous d’autre droit que celui de mourir.

LEVIS

Calmez-vous, mon général, et regardez les choses avec plus de sang-froid.

Du sang-froid? Tu oublies que je suis du midi, et que mon sang est chaud. Quand je vois dans quelle position humiliante nous sommes ici, j'enrage, c’est plus fort que mol.

As-tu jamais lu les commissions du Gouverneur et de l’Intendant!

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