‹ Montcalm et Lévis, drame historique en cinq actes avec prologue et six tableauxChapitre 106 sur 109 · LEV · texte numérisé non relu

LEV

Mais c'est plus qu'un membre de mon corps

lie je vais laisser dans votre pays natal, c'est

mon cœur ; c'est la moitié de moi-même. O Gi-

splle, il me semble que vous ne m'aimez pas au-

tnt que je vous aime. Dites-moi encore une fois

ue vous m'aimez.

Ne vous l'ai-je pas trop dit ce mot si doux,

lie j'aurais dû garder au fond de mon cœur ?

Nous en sou venez- vous ? J'avais le pressen-

Il I lie la catastrophe viendrait, et qu'un

ni creuserait entre nous I

Mais comment pou vais-je tenir mon cœur touurs fermé, quand votre amour me rendait si fière ?

LEVIS

Ne vous reprochez pas ce qui nous a donné tant de bonheur.

GISELLE ouvre un tiroir, et y prend un paquet de lettres.

Voilà, Gaston, le seul souvenir que je garderai de vous. Ce sont vos chères lettres, vos douces lettres, datées de vos lointaines campagnes.

En voici une écrite de Carillon, au lendemain de votre glorieuse bataille. La gloire n'écUpsait pas Tamour, et vous pensiez à moi, dans ces grands jours où tant de travaux et de fatigues auraient dû me faire oublier.

Je l'ai relue ce matin. Touchez-là, elle est encore toute mouillée de mes larmes.

LEVIS

Chère amie, pourquoi donc nous séparonsnous ?

Ce n'est pas nous qui nous séparons ! C'est la Providence qui nous sépare, comme elle sépare les deux Frances !

La vie humaine est pleine de ces cruauiés. Mais la séparation n'est pas la mort, ni l'oubli.

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