‹ Montcalm et Lévis, drame historique en cinq actes avec prologue et six tableauxChapitre 19 sur 109 · ACTE PREMISR · texte numérisé non relu

ACTE PREMISR

▼ARIN

Fermez les yeux, vous ne la vèrrei pas venir.

BIGOT

Au contraire, ce sont les yeux fermés qui la voient le mieux. Dis-moi, Cadet ... de Gascogne, connais-tu les remords, toi ?

CADET

Non, sont-ce de nouveaux arrivés de France ?

VARIN

Peut-être, car Voltaire les a bannis de la Mère-Patrie.

CADET

Pas de langage figure, s'il vou> pl.iît. et dites-moi ce que vous voulez savoir.

BIGOT

Je veux savoir si tu sens quelquefois des troubles de conscience ?

CADET

Non, jamais, je ne connab que les troubles d'estomac.

BIOOT

Quand il est vide ?

CADET

Ou quand ma bourse est vide. Et toi, Varin ?

VARIN

Ne me parlez pas de ma conscience, car il suffit d'en parler pour qu'elle revienne de l'exil où je l'ai envoyée.

BIGOT

Depuis quand l'as-tu bannie, et pourquoi ?

VARIN

Depuis que vous m'avez associé à vos spéculations. Elle me tourmentait, et m'empêchait de m'enrichir. Alors, je l'ai chassée, comme j'ai fait de ma femme, parce qu'il y avait incompatibilité d'humeur entre nous.

BIGOT

Et depuis lors tu as la paix ?

VARIN

Pas toujours. Car si ma femme n'a jamais eu la tentation de me revenir, il n'en est pas ainsi de ma conscience. Elle avait pour moi un attachement beaucoup plus fort évidemment, et elle revient souvent me solUciter de la reprendre.

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