ACTE PREMIER
VARIS
Ah ! mon cher ami, on ne sait jamais. Quand une fenune veut . . .
BIOOT
Oui, mais voudra-t-elle ?
VARIN
Allons donc, une canadienne, compatriote des Algonquins, qui se ferait prier pour devenir marquise, et peut-être duchesse de Lévis ! Je voudrais voir çi^. Ça serait un phénomèDe.
BIGOT
Toutes les femmes sont des phénomènes naturels . . . mon cher
Heureusement, car nous n'aimons pas beaucoup le surnaturel, nous autres. Mais à propos de surnaturel, savez-vous ce qui m'arrive, mes ?
BIOOT
Je le sais, vous penses à vos fins demidros ?
VARIN
Vous ries, mab c'est vrai. J'ai peur de mourir.
BIGOT
Ah ! je t'en prie, Varin ne prononce jamais ce mot-là. L'entendre seulement me fait vieillir.
CADET
Comment dire alors ?
BIGOT
On dit : aller ad patres ! Quand on a du patriotisme, ce n'est pas triste d'aller rejoindre ses pères.
Ou bien, on dit : aller retrouver sa grand' mère, la Terre.
VARIN
C'est vrai. Qui est-ce qui n'aime pas sa grand'mère ?
CADET
Voyez les cultivateurs, comme ils l'aiment la terre !
BIGOT
Le dessus, mais pas le dessous. Et je ne crois pas qu'il y ait beaucoup d'hommes qui voient venir la mort avec plaisir.