‹ Montcalm et Lévis, drame historique en cinq actes avec prologue et six tableauxChapitre 69 sur 109 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

MARCEL

C'est d'y voir mourir Hector et Achille. Ce sont deux héros admirables, vaillants et pleins d'honneur, tandis que Paris est un séducteur de femme et Méuélas un mari ridicule. Et cependant c'est Hector et Achille qui sont tués. Et Ménélas victorieux, sans une égratignure, reprend 81^ fenune ! Cela me révolte.

Tu as raison, Marcel.

Si Wolfe et moi perdions la vie dans cette guerre, nous mourrions au moins pour une noble cause, une cause digne de tous les sacrifices.

L'enjeu de la lutte entre nous n'est pas une misérable femme, mais tout un vaste pays du plus grand avenir .

Nouveau aU«oc«.

MARCEL

PauvTes Troyens, comme ils se sont fait jouer par les Cîrofs !

Et quelle dût être leur surprise de voir l'ennemi introduit dans leur \ille par ce fatal cheval de bois !

Heureusement qu'on n'en fait plus de ces chevaux- là.

Montcalm s'endort.

MARCEL

Pauvre ami! Il est exténué de fatigue, et il tombe de sommeil.

Un temps se passe.

Tout à coup Montcalm pousse un cri et s'éveille.

Marcel, j'ai fait un mauvais rêve.

MARCEL

Quel rêve ?

J'étais sur les Plaines d'Abraham, et je regardais sur le fleuve un navire abandonné qui descendait à la dérive.

Tout à coup j'aperçus Vergor et ses soldats qui s'en emparaient, et qui l'amenaient au rivage. Je me demandais ce qu'ils allaient en faire, lorsque je les vis traîner ce navire jusque sur les hauteurs d'Abraham. Je m'approchai pour pénétrer ce mystère, et tu peux juger de mon étonnement quand je vis une multitude de soldats anglais sortir des flancs du navire et se ranger sur la plaine. Je suis resté muet d'épouvante. Je voulais crier, et je ne le pouvais pas.

MARCEL

Vous avez crié.

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