ACTE QUATRIEMB
C'est un rêve étrange, n'est-ce pas ?
MARCEL
En effet, mais il s'explique. C'est la suite de notre conversation, et le navire anglais rempli d'ennemis, c'est le cheval de bois des Grecs.
Evidemment, c'est cela.
MARCEL
Etrange phénomène que les songes !
Ils sont souvent des avertissements.
MARCEL
Non, pas souvent ; et sans aud;:; d. utt celui-là n'est pas vrai. A cette heure, je >-ui> sur que Wolfe dort d'un profond sommeil dans sa cabine.
Mais je ne t'ai pas tout dit. J'ai vu Wolfe dans mon rêve. Il était à cheval à la tète de see troupes. Mais il était plus grand que nature et il avait l'air d'un fantôme. Il s'est élancé vers moi l'épée haute ; mais tout à coup il a pris
Tapparence d'un squelette ; et son épée s'est recourbée comme la faulx de la mort. C'est alors que je me suis éveillé en jetant un grand cri.
MARCEL
C'est bien étrange en effet ; mais ce n'est toujours qu'un rêve. Recouchez- vous, général, et dormons tous les deux.
Montcalm s'étend de nouveau sur sa couche, et Marcel éteint sa lampe. MONTCALM sur son lit et se parlant à lui-même.
^* L'homme se repose ... il suspend sa marche . . . mais sa destinée ne s'arrête jamais. Elle marche toujours. Pendant que je vais dormir, la mienne s'avance silencieusement vers son terme. A chaque heure qui sonne elle s'en approche davantage. . . Une main invisible écrit au registre de ma vie des événements encore inconnus. Elle a tourné une feuille, celle du 12 Septembre 1750. Quels sont les faits qu'elle va consigner sur la page du 13 ? — Mystère. 13 est un chiffre néfaste. Qui sait ? Ce sera peut-être une date mémorable dans l'histoire. . . O faible humanité, qui' ne connaît rien de l'avenir !
Il s'endort — Long silence — On frappe à la porte. MARCEL Qui vive ? L'n miUcien canadien entre en répondant : F raUCC !