‹ Montcalm et Lévis, drame historique en cinq actes avec prologue et six tableauxChapitre 78 sur 109 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

Noyons, Moiilbciliard, raconte-nous cette bataille ni«)^'""»-"M^c !

MONTBEILLARD

C'est un récit lamentable à faire, mais il ne sera pas long. Voici : Mon régiment était rangé en travers du chemin Saint-Louis, près des buttes î\ Neveu, lorsque M. de Montcalm arriva de Beauport, au galop de son cheval. U braqua sa lunette sur la ligne de bataille des Anglais, et se mit à parler aux officiers qui se groupèrent autour de lui : " C'est incroyable, dit-il, on dirait vraiment que toute l'armée n •' = '^ * là, et qu'elle est déjà en ordre de bn ce n'est pas possible !

** Quel cor commandait donc ce

\ ergor ? — Et le rc^uiiuiit de GuieAne qui aurait dû df)rmir ici cette nuit ! O malheur ! Le sort en est jeté, il faut se battre, et malgré tout, il faut vaincre. Mais faut-il attaquer immédiatement ? Ou faut-il attendre que Bougainville arrive ? Depuis longtemps déjà les canons de Samos Tont averti. 11 doit être en marche, et dans moins d'une demi-heure il tombera sur les derrières des Anglais, enpagés en pleine bataille contre nous. 11 y a encore beaucoup de mouvement parmi les troupes de Wolfe, et elles grossissent à vue d'œil.

Il ne faut pas leur donner le temps de se retrancher, et de dresser des batteries. Qu'en pensezvous, mes amis ? ^^ Tous les officiers furent de son avis. Ils avaient en lui tant de confiance. Et vous savez qu'il avait coutume de frapper comme la foudre. Il n'hésita pas.

Il parcourut le front de son armée, donnant les ordres nécessaires, et adressant à tous des paroles d'encouragement. Il était superbe à voir. Le génie rayonnait dans son regard, et enflammait les courages.

Bientôt les clairons sonrèrent, et l'armée s'ébranla.

Une dépression du terrain assez profonde nous séparait des Anglais. Nous y descendîmes en très bon ordre, et nous commençâmes à remonter la pente opposée.

Les Anglais, rangés au sommet, essuyèrent notre première décharge sans broncher, et sans répondre. Nous continuâmes d'avancer — mais une décharge formidable instantanée nous arrêta, et nous répondîmes un peu au hasard, enveloppés dans la fumée. Quand elle se fut dissipée, nous vîmes bien, hélas ! que nos hgnes étaient déjà rompues, et nos rangs éclaircis. Plusieurs de nos officiers, Sennezergues, Fontbonne, de Saint-Ours, étaient tombés ; de nombreux soldats tués et blessés. Nous reprîmes cependant

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