‹ Montcalm et Lévis (volume 2)Chapitre 20 sur 28 · DEDIT · texte numérisé non relu

DEDIT

fions des barbares peuvent seules en donner une idée. 11 vous est facile d'en prévoir la conséquence. Cette invasion pacifique sera plus, funeste aux colons primitifs des États-Unis, que ne le sera pour les Canadiens la conquête violente de la Nouvelle-France. A la fin du xix»^^ siècle, les descendants des Pili^rim Falhers, c'està-dire vos colons les plus inlelliij'cnls et les jilus actifs, auront à jieu près disparu de la Nouvelle-Angletere. Ils auront été remplacés par d'autres races qui donneront au pays une toute autre ]iliysionomie, si bien que si les Elders du temj)S de Cotton Matlier revenaient sur la terre, ils ne retrouveraient plus rien des mœurs, des usages, de la religion d'autrefois.

11 en sera tout autrement des Canadiens. Délaisses par la France dans un état de ruine inconcevable et livrés à un vniiKiueur ipii emploiera sa toute -puissance à les anéantir comme race, ils survivront à tout. Sans immigration étrangère, par le seul développement de leurs familles, ils accroîtront si rapidement, qu'à la fin du siècle prochain ils formeront un peuple homogène de plus de deux millions, uni comme un seul homme et resté si français, qu'un de leurs poêles pourra dire en toute vérité :

Nous avons conscrM' le brillant lu'rilage Légué par nos aïeux, pur de loiil alliage, Sans jamais rien laisser aii\ ronces du chemin.

Ils jouiront alors des libres institutions de la drande- Bretagne, qu'ils auront conquises par des luttes non moins héroïques que celles qu'ils viennent de soutenir. Et ils n'auront jilus qu'à rester fidèles à eux-mêmes, pour réaliser les desseins que la Providence a eus en vue dans la fondation de la Nouvelle -France.

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