ACTE CINQUIEME
VARIN
Vous faites erreur, mon ami; la vertu, le devoir, l’honneur ne sont pas de vains mots. Toutes les langues du monde les contiennent parce qu’ils expriment des réalités.
BIGOT
Pauvre Varin ! Tu as donc toujours des remords ?
VARIN Oui, mais les remords n’effacent rien.
CADET
Si tu avais passé la nuit dernière à .jouer comme nous, tu serais plus gai.
VARIN
Vous avez gagné, j'imagine !
CADET
Oui, mais pas autant que de Cadillac, qui a fait un jeu enragé avec Johannès.
BIGOT
Ah ! ce Johannès, il parle au diable ! A deux heures, ce matin, il m’a raflé cent louis dans un coup de dés !
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ARE mn.
SCENE III Lévis sort du château, et dès qu'il apparaît, les acclamations éclatent, les chapeaux et les mouchoirs s'agitent :
Vive la France ! Vive notre Général !
Le général fronce les sourcils, et il étend les mains vers la foule pour l'apaiser.
Silence, mes amis, silence! Ce pays n’est plus la France, et je ne suis plus votre général ! Je suis un vaineu, et j'ai la mort dans l’âme. Ne voyez-vous pas que j'ai dépouillé l’unifori ., et revêtu des habits de deuil ? J’ai brisé mon épée pour ne pas la livrer; et si je pouvais arborer un drapeau, il serait noir, et couvert de crêpe.
Cris de: Vive Lévis !
LEVIS Adieu, mes chers amis canadiens. Là-bas, notre mère à tous, la France, est bien affligée, ma place est à ses côtés.
Lévis s'avance vers Bourlamaque, et lui donne ses dernières instructions :
Vous ne pourrez pas nous suivre aujourd’hui, Bourlamaque. Il faut que vous restiez encore quelques semaines pour rallier nos soldats un peu disséminés, et les raraener en France par le prochain navire.
Aujourd’hui, organisez l’embarquement.
11 serre cordialement la mains aux officiers canadiens. Il lève son chapeau et salue la foule qui l'acclame :