ACTE DEUXIEME
poussés avec pertes, ils sont revenus contre nous, et nous ont chargés à la baïonnette, en marchant sur les corps de leurs camarades expirants.
DESANDROUINS
Du poste que j’occupais, j'ai très bien vu ce choc formidable, et j’ai tremblé pour nos troupes.
A chaque décharge qui sortait de nos retranchements en jets de flamme, les rangs des ennemis s’éclaircissaient : mais à chaque fois leur colonne se reformait et les baïonnettes plus serrées continuaient d'avancer. Les Ecossais surtout étaient admirables. Leurs longues jambes nues se tei-
gnaient dans le sang des morts, et comme des géants invulnérables, enjambant par-dessus les grands arbres abattus, ils venaient tomber au pied des retranchements, et se couchaient dans les feuillages ensanglantés. Je n’oublierai jamais ce spectacle terrifiant.