‹ Montcalm et Lévis [microforme]Chapitre 15 sur 26 · SES · texte numérisé non relu

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mousquelerie aussi bien nourri qu'habilement dirige. Après d'inutiles efforts pour en déloger le. Canadiens, les Highlanders avaient été forcés de battre en retraite pour aller se reformer sur le chemin Saint-Louis. Murray les fit ensuite descendre plus à l'ouest, jusqu'au bord du coteau Sainte-Geneviève, afin de prendre le bois à revers et chasser en même temps du penchant de la côte des bandes de francs-tireurs canadiens qui en défendaient la descente.

« [ls tuèrent ou blessèrent un grand nombre de nos hommes, dit le lieutenant Fraser, et nous forcèrent de retraiter un peu plus loin pour refaire nos ‘angs. »

Murray les ramena pour la troisième fois à l'attaque, mais renforcés à droite et à gauche du régiment d'Anstruther et du second bataillon du Royal-Américain. Une nouvelle lutte s'engagea et fut soutenue « avec une ardeur et un acharnement incroyables », au dire du chevalier Johnstone, témoin de cette lutte héroïque. « Quand ils furent écrasés par le nombre, ils disputèrent pied à pied le terrain depuis le sommet jusqu'au bas des hauteurs. »

Au milieu de la vallée s'élevait la boulangerie de l'armée, entourée de quelques maisons. Les Canadiens s'y rallièrent une dernière fois et arrètèrent encore assez longtemps les trois régiments ennemis. « Ce fut là et autour du bois, rapporte Fraser, que notre régiment souffrit davantage. » Le chevalier Johnstone, qui a raconté en détail ce brillant fait d'armes, dit que ces infortunés héros se firent presque tous tuer sur place, mais qu'ils sauvèrent un grand nombre de fugitifs et donnèrent le temps

à l'armée française de se réfugier dans l'ouvrage à cornes.

1 « Si M, le " v“quis de Lévis y eût commandé en chef (au Canada), les is ne l'auraient pas pris. Ce général eût porté, après qu. 1es Anglais eurent abandonné le camp du Saut, la majeure partie de ses forces sur les hauteurs de Québec, et aurait éclairé de très près leurs mouvements dans cette partie; s’il eût été à l’armée le 13 septembre 1759, il se serait opposé à ce Que nous attaquassions : il y avait dix à parier contre un que l’armée attaquante serait battue, étant obligée de descendre des hauteurs qu'elle occupait, de traverser un chemin creux qui séparait les deux armées; et, supposé qu'il y eût nécessité d'attaquer * ‘lait faire des dispositions, former trois colonnes avec les : s ataillons, placer les Canadiens dans les intervalles et les faisser tirer et marcher suivant leur usage; je suis persuadé que nous aurions été vainqueurs. La bataille du: 28 avril suivant le prouve. Nous aurions encore pu attaquer le 14 septembre les Anglais, qui, ayant perdu leur général, étaient au moins aussi embarrassés que nous. » (Journal de Malartic, p. 363.) \

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