‹ MontcalmChapitre 38 sur 61 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

( Joseph annonçant: Mme Péan, Mme de Beaubassin, Mme de Lanaudière, M. l'Intendant Bigot. La société par le fond, MONTCALM salue Il va baiser la main de Mme Péan.

MONTCALM. — Bienvenues, mesdames! Quelle heureuse surprise !

Mme PEAN. — Ah! Marquis, puisque vous désertez la rue du Parloir, nous usons du privilège que la coutume canadienne sanctionne, n'est-ce pas Mesdames ?

BEAUBASSIN.— Oui, Général. A partir du jour des Rois, les Dames de Québec visitent leurs amis.

MONTCALM.— Mais cette bonne vieille coutume du pays comporte certaines fonctions si je me rappelle bien

BIGOT (vient devant la table et s'assied sur banquette ) . — C'est entendu, Marquis. Ces dames ne l'ignorent pas. Elles nous rapportent les baisers du premier de l'an, intérêt 'compris.

BEAUBASSIN.— M. l'Intendant se croit toujours chez ses pêcheurs dans l'Acadie.

PEAN. — Ne l' écoutez pas; c'est un inconséquent Il prêche les largesses et diminue la ration.

MONTCALM — En vérité, est-ce bien pour le pauvre général maussade et ennuveux que vous êtes sorties ce matin? Ah! si je n'étaispas persuadé depuis longtemps que les femmes ne sont pas curieuses

BEAUBASSIN. — Est-ce défendu par le Code Militaire ?

MONTCALM.— M. le Marquis de Vaudreuil dirait oui. Il est si peu curieux que nous aurons les Anglais à nos portes sans qu'il ne se cloute d'où ils nous arrivent...

PEAN.— C'est un brillant marquis qui n'éclaire pas assez, c'est entendu tenez, M. le Gouverneur ignorait le départ de M. Marcel, et le nom même de son remplaçant.

MONTCALM (à part).- Nous y voilà, (haut Est-ce possible?

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