‹ MontcalmChapitre 39 sur 61 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

(Joseph, annonçant: M. Maurin. Maurin entre

par le fond. )

MAURIN. — Bonjour M. le Marquis, Mesdames, mille grâces. Le dieu Mars a donc appelé les Muses au conseil de guerre. Charmant, charmant.

MONTCALM — II ne manquait plus que l'Oracle et vous arrivez à point.

MAURIN (se frottant Ia figure ) .—Pardon, général; en fait d'oracle, je n'y vois pas plus loin que le bout de mon nez, et en ce moment cet organe si utile comme contre-poids à ma bosse, a besoin d'être frictionné. ( il s'approche près de Bigot et lui serre la main, à part ) Le secrétaire n'a rien dit?

BIGOT. — Je ne crois pas...

MAURIN.— Je respire... ( haut ) Il fait un froid de loup... Ving-cinq degrés! Ah! quel courage, mesmes, quel courage!

BIGOT— Qu'il faudra; t attribuer?...

MAURIN. -A la curiosité.

PEAN. — Faux devin!

BEAUBASSIN. — Cynique!

MONTCALM.— Ecoute/ Mr. Maurin; il est généralement bien renseigné.

MAURIN.-Mon Dieu, mesdames, ne proleste/, pas. Buffon n'a-t-il pas dit: L'homme et le singe sont des animaux curieux?...

PEAN. -Ne dites donc pas de mal de vos ancêtres. .

MAURIN (vient à Mme Pean. ) -Méchante.comme si nous n'étions pas tons un peu de la même fa-

mille? Mr. le Marquis me donnera raison, vous allez voir... ( il s'assied sur banquette ) . Mme l'éan est curieuse de voir le secrétaire qu'on a nréféré à son protégé, de Bersolles. Mme de Beaubassin a vu passer Mr. de Bougainville qui apporte le courrier, et elle brûle de connaître le dernier petit scandale de Montréal. Mme de Lanaudière, excellente femme d'intérieur, meurt d'envie de voir le salon du Général décoré à la dernière mode de Paris... (société Bravo... Bravo...) le domestique vient remettre une lettre à ( Montcahn ) ... MONTCALM s'excuse d'un geste et remonte , ouvre la lettre et la lit en redescendant à gauche ) .

PEAN (se lève et va à Mme Beaubassin qui se lève également ) —Prenez garde, Mr. Maurin on tait brûler les sorciers.

MAUKIN- Ouand le bois se vend quatre vingts livres la corde, y pensez-vous, Madame... (il"se rêve et vient aux dames, qui le querellent ) .

MONTCALM.— L'oracle a du bon. Allons, Mesuames, vous serez satisfaites. Si vous le voulez oien, nous commencerons par visiter la maison. ( à Maurin ) Pour votre pénitence, je vous nomme mon cicérone. Je vous retrouverai tous au salon aans un instant, (société sort par la droite, en causant ) .

.PEAN (en sortant) .—Oh! ce Maurin

BEAUBASSIN.— Quel indiscret

MAUKIN. — Mais non, Mesdames...

iJEAUBASSIN.-Si, moucher, vous êtes insupportable. ( ils sortent tous, MONTCALM va ouvrir la porte du fond à gauche. )

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