SCENE V
(Les mêmes, puis MONTCABM par la gauche 1 .
MONTCABM (vient à Vaudreuil ) .—Parce quetout homme a le droit d'être jugé par ses pairs. Soldats, détacnez cet homme. ( Picot détache Philippe et Basset ) .
CONSTANCK — Sauvé, il est sauvé... ( Philippe l'a fait passer à sa droite. )
VAUDREUIB. — Prenez garde, Général, la justice a fixé le sort de cet homme.
MONTCALM (ôte son chapeau qu'il pose sur la tête de Philippe ) .—Messieurs! .... vous pouvez saluer ci jeune homme sans crainte de déchoir. Be sang de votre Roi coule dans ses veines, sang des Bourbons et des Mailly de Nesle,
MAURIN. — Le 'ils naturel du Roi
BIGOT. — Nous sommes perdus
MONTCABM —Dix minutes plus tard, et l'œuvre de cet infâme scélérat s'accomplissait, et le puissant Marquis de Vaudreuil aurait lé-gué à ses enfants un blason marqué d'une tache sanglante
Soldats, Arrête/ cet homme qui comptait payer le bourreau du fils avec l'argent volé au père.
VAUDREUIB.— Be fils du Roi!.. Ah! Marquis, nous avons pu différer d'opinion sur bien des choses, mais je le proclame hautement, nul ne possède une âme plus généreuse que la vê>tre. Vous pouviez vous venger cruellement et vous ne l'ave/, pas fait. Au milieu des ambitieux et des traîtres qui m'entourent, vous êtes resté grand d'honneur et de dévouement pour le service de Sa Majesté.. Donnezmoi votre main, Marquis....
MONTCALM ( donne la main ) .—Le Commissaire de Sa Majesté, Mr Trémais, vous attend chez moi. Il vous fera connaître tous les détails de cette mystérieuse intrigue. ( Montcalm vient à Philippe. ) Vous avez bien souffert, mais la Providence veillait sur vous.
PHILIPPE. — Ah! mon Général, je reste anéanti sous le poids de cette révélation qui me réjouit et me désespère à la fois. Je respecte la clémence tardive de mon père qui m'arrache à l'échafaud; mais s'il me fallait en retour abandonner ce pays que j'aime, et où j'ai placé toutes mes espérances de bonheur, je préférerais mourir.
MONTCALM. — La vieille France ne manque pas de défenseurs. Venez avec moi, Monsieur défendre la Nouvelle, (vient à Vaudreuil ) . A vous Mr le Gouverneur le soin de faire punir les coupables.
PHILIPPE (désignant Maurin. )— Je vous en prie, Général, pardonnez-lui.
CONSTANCE (donnant la main à Philippe). — Merci...
PICOT. — Té! mon Général, les sergents de Béarn sont encore valides... Viens-tu le Basset.. ( on entend le canon. )
BASSET.— Il me le demande! .Si les Anglais te démolissent Nanette a promis de me prendre ? Je serai ton remplaçant.
PICOT (donnant la main ) . — Tope-la, c'est fait.
MONTCALM.— Allons, mes enfants, le canon gronde à Beauport. Il me manque deux sous-lieutenants... Et vous.. Monsieur le Comte de Luc: Il vous reste à gagner vos épaulettes.
RIDEAU