‹ Montcalm [microforme]Chapitre 11 sur 18 · DE · texte numérisé non relu

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prit les dispositions les plus habiles pour dérober son approche à l'adversaire. Afin d'attirer l'attention de Montcalm et de l'obliger à diviser ses forces, il fit remonter le fleuve à une partie de sa flotte accompagnée de nombreuses chaloupes, comme s’il voulait effectuer un débarquement à quatre ou cinq lieues en amont de la ville. Bougainville fut détaché avec deux mille hommes pour surveiller ses mouvements et repousser toute tentative de descente. Il campa en face de la flotte, prêt à jeter à la rivière les corps qui voudraient débarcuer.

Pendant la nuit du 12 au 13 septembre, Wolfe, dérobant dans l'obscurité ses mouvements à son adversaire, descendit le fleuve avec ses canots et un détachement d'Écossais choisis parmi les plus lestes. Il fit halte à une demi-lieue de Québec, à l'anse au Foulon, où il avait résolu de mettre pied à terre. Par une étrange fatalité, l'officier qui commandait ce poste était M. de Vergor, la créature de l’intendant Bigot, l’ancien commandant du fort Beauséjour, qu'il avait lâchement rendu, l’homme que le conseil de guerre n'avait acquitté que grâce à la néfaste influence de

son protecteur. C’est lui qui, par sou inepte incurie,

allait permettre au général anglais de rompre enfin celte ligne de défense contre laquelle il se heurtait vainement depuis deux mois!

Deux déserteurs avaient informé Wolfe que des chaloupes françaises, chargées de vivres, devaient pendant la nuit descendre jusqu’à Québec en suivant le pied des falaises. Profitant de ce renseignement, il choisit quelques officiers parlant parfaitement le français, et lorsque ses canots passèrent devant les sentinelles postées au pied des falaises, ceux-ci répondirent au qui-vive qu'on leur adressait : « Ne faites pas de bruit; ce sont des vivres! » Il atteignit ainsi, dans la nuit noire, sans avoir donné l'éveil, l’anse au Fou-

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lon; débarqué le premier il gravit à la tête de ses highlanders le sentier aboutissant au plateau. Aussitôt le poste qui devait garder ce débouché fut enveloppé, et Vergor, couché et endormi, fait prisonnier.

Wolfe avait réussi dans sa tentative désespérée; il avait pris pied sur le plateau et tourné les positions de Montcalm qu'il n'avait pu forcer de front. Avec une hâte fébrile, les bataillons anglais, amenés par les centaines de chaloupes des navires descendus avec la marée jusqu'au niveau de l’anse, se pressent le long du sentier, escaladent les falaises et viennent se développer dans la plaine; le général les y dispose aussitôt en bataille.

Au lever du jour, l'armée débarquée, forte de huit mille hommes et formée en carré, commençait à se retrancher.

Montcalm, que les mouvements de l'ennemi préoccupaient, avait fait coucher le 12 septembre ses troupes au bivouac. Averti dès les premières heures du jour du débarquement de l’armée anglaise à l’anse au Foulon et de sa présence dans les plaines d'Abraham, à une demi-lieue de Québec, il appela aussitôt à lui les troupes et les milices campées à Beauport, n’y laissant que quatorze cents hommes pour garder les retranchements; puis il fit prévenir Bougainville d’avoir à le rejoindre le plus promptement possible. Mais cet officier se trouvait à quatre lieues de là; on était séparé de lui par les troupes anglaises, il fallait compter une demi-journée pour lui permettre de regagner Québec et chaque heure perdue profitait à l'ennemi dont la situation, appuyée par sa flotte, pouvait bientôt devenir formidable. À tout prix on devait l'attaquer et le chasser du plateau, d'où il allait pouvoir, S’il restait libre d'achever sa concentration, prendre Québec à revers et enlever la place.

La générale battue, toutes les troupes réunies dans

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